CULTIVATEUR DU BON DIEU…

Je cherchais un curé révolutionnaire pour me marier. Je n’étais pas encore revenu à la foi mais je savais que Jésus était dans les églises. 

On m’a parlé du Père Raymond. Je suis monté le voir avec mon amie en 2020. 

La rencontre a été de voir un petit père sur une chaise roulante les bras grands ouverts qui me disait : « Jésus t’aime. Jésus t’aime ». Le curé, il avait coulé une pige ! 

Mais quand il a pris ma tête dans ses bras, cela a été autre chose. Cinq minutes après, j’étais en train de chialer, de chialer….

Je me suis senti rentrer à la maison.  J’étais accueilli. J’avais ma place de fils.

Quand mon père est parti de la maison, j’avais 10 ans.  J’ai coupé avec lui et j’ai coupé aussi avec Dieu. Je n’avais plus de refuge et j’ai cherché désespérément qui j’étais.

Avec le père Raymond, j’ai eu le sentiment magnifique de garer ma voiture dans le garage. Il m’a fait faire un virage à 360 degrés.  Je voulais un curé. 

Avec le père Raymond, j’ai été exaucé tout à fait au-dessus de mes attentes.  C’est lui qui m’a fait faire le virage. Il m’a montré qui était le Bon Dieu et il en était rempli. 

Il est la personne que je veux devenir et la personne que j’ai toujours attendu. Les 4 grandes qualités que j’ai trouvé chez Raymond :

La force

Le courage

La gentillesse 

et surtout l’humilité

Il est rare que les quatre soient en même temps chez un humain. C’est qu’il y a quelque chose derrière. 
Quand j’ai rencontré le père Raymond, j’ai rencontré Jésus. 

Et c’est définitif. 

Il y a un avant et un après.

J’ai senti cet Amour d’être aimé comme j’étais et d’être à la fois traversé et regardé dans ce que j’étais vraiment et dans ce que j’avais éprouvé pour rester vrai. 

Je me suis senti aussi pardonné dans ce que j’avais fait de mal. 

Cela je l’ai senti très, très fort. Alors, c’est la fin d’une grande guerre qui a duré trop longtemps. 

Il y a eu aussi un autre moment lorsqu’il est parti en 2021. J’étais en alpage. On s’occupait de 200 vaches. Je commençais à 3h du matin et on finissait à 20h. J’avais sa croix autour du cou. Et j’y étais très attaché. Évidemment, avec la blessure que j’avais avec mon père de la terre, j’étais très attaché au père Raymond. Et là dans les alpages, j’ai perdu la croix. J’ai compris qu’il était parti définitivement alors que je ne le savais pas.

Sr Massabielle me l’a confirmé en m’appelant.
C’est comme si Raymond me disait : « Souviens-toi surtout de Jésus, pas de moi. Ce n’est pas moi, c’est Jésus qui m’a donné ce que j’ai. »

Cela m’a aidé de ne pas le prendre comme un père adoptif et plutôt de me faire adopter par Dieu même s’il avait toutes les qualités d’un vrai Père.

Une autre qualité qu’il avait était l’intégrité. Après une vie entière de dévotion, de service. Chaque jour, il faisait de la place à Dieu en premier. Il ne cherchait pas à être juste en lui-même. Il savait que c’était Jésus le juste. Il s’en remettait totalement à Jésus.
Souvent, il nous faisait faire une action toute bête et toute simple mais c’était tellement transformant…

Il était totalement intègre. Il avait bien son caractère mais on savait qu’on avait devant nous Raymond et pas Pierre. Il ne jouait pas à un personnage. Il était tellement vrai avec lui, avec sa pauvreté.

C’était magnifique pour moi. C’était une réparation. J’ai toujours voulu être un soldat du bon Dieu et il m’a proposé d’être un cultivateur du Bon Dieu. 

A une sœur d’Eucharistein, il lui avait dit de cirer ses chaussures. Et à un frère, il a recollé sa chaussure, Il voyait tout alors qu’on ne voyait pas. Il avait un œil de lynx pour ses 90 ans.

Il m’a fait réparer un banc.  A mon amie, il lui a fait écrire des belles paroles. A Jean-Baptiste qui était un curé noir en soutane blanche, il lui a enlevé une mouche sur sa soutane… arriver à voir une mouche sur l’aube blanche d’un curé noir avec ses 89 ans !  Il était extrêmement présent, conscient et attentif à tous les détails que nous ne voyions même pas. Cela relève plus de la grâce que de la physique. Un tout petit geste.

Il remettait du beau sur la personne qu’on était. Il redonnait la mission à chacun là où il n’y a que de la bonté.