TU SERAS MISSIONNAIRE DE JÉSUS PAR LA CROIX

La Croix Mariale

En Israël, lors d’un pèlerinage en 2012, j’ai reçu une grâce de confiance totale et d’abandon pour me laisser conduire par Jésus sans savoir où j’allais. Je n’avais plus peur et je vivais l’instant présent. 

Dans le berceau de l’humanité de Jésus, j’ai reçu la joie de Pâques. Toute ma vie a changé. 

Je m’étais beaucoup éloignée de l’Eglise depuis que j’étais mariée et même bien avant, depuis le catéchisme. On ne nous parlait que d’un Dieu punisseur. Il y avait beaucoup d’interdits et on était toujours en faute. 

Peu après, une amie me fait rencontrer les Frères Jaccard. En arrivant, tout de suite, je leur ai raconté toute ma vie et ils m’ont écouté pendant deux heures.

Nadine avec papa Louis, l’infirmier du petit Robert Naoussi au Cameroun

Je leur ai expliqué tout ce qui s’était passé, toutes mes épreuves, tout ce que je portais et qui me faisait souffrir en grave dépression depuis 25 ans. Les péchés que j’avais faits… Je leur ai tout dit. Tout passait en confiance avec eux. 

Pierre m’a dit :« Tu as beaucoup souffert ». Raymond s’est levé et m’a mis une petite croix mariale autour du cou en me disant : «Tu seras missionnaire de Jésus ». 

A ce moment-là, tout a changé là. Une onction m’a saisie qui dure encore.  J’étais revêtue de Jésus. Et d’un coup, j’ai été libérée.
Alors, partout où je passais je disais :

« Je n’ai plus besoin de bijoux, de breloques moi qui ressemblais à un sapin de Noël. Plus de bijoux et plus d’homme, moi qui faisais la fête… Maintenant quand il y en a un qui s’approche, je lui dis : « Moi, c’est Jésus. »

Si en dansant, il y en a un qui vise autre chose, je lui dis « Tu sais moi, c’est Jésus » et je peux avoir une rencontre profonde avec lui.  Je peux libérer les gens.

Une vraie libération s’est passée en moi et un attachement totalitaire à Jésus qui depuis est devenu mon Epoux. Mon Tout. Le Soleil de ma vie, de chacune de mes journées, de mes respirations… Je n’ai qu’un désir qui me brûle : dire à chaque personne que je rencontre : « Jésus t’aime ».  et je suis heureuse, heureuse, heureuse.

Je ne suis plus habitée que par vivre l’instant présent. Le passé ne me détruit plus. L’avenir ne m’inquiète pas.  Je ne sais pas ce que je ferai demain. Je me laisse conduire. Mon cœur explose de bonheur.

Le Père Raymond m’a revêtue et m’a donné ce charisme. 

Les frères Jaccard

Depuis ce moment où le père me met la croix autour du cou, c’est ma vie aussi qui est habitée d’un dynamisme nouveau. Je suis vraiment libre et heureuse. Pleinement moi-même. Je vais voir les malades à l’hôpital. J’accompagne les mourants. Je vais aux maraudes. Je n’ai plus une seconde à moi et partout, je prends les gens dans mes bras et je leur transmets l’amour de Jésus. C’est extraordinaire. Ce n’est plus moi. C’est Jésus en moi. Et il se passe tellement de belles choses.

Pierre et Raymond, c’était des pères qui t’écoutent, qui t’observent gentils, très doux. Ils ne te jugent pas. Ils ne t’enseignent pas et ne te font pas la morale comme souvent avec des prêtres qui sont un peu au-dessus… 

Pierre et Raymond, ils te regardent, ils t’accueillent. Tu sens vraiment la présence aimante de Dieu qui vient te toucher. J’ai senti père Raymond comme si c’était Jésus qui nous accueillait.

Je n’ai plus jamais rencontré des personnes d’un tel Amour divin.  Avec leur cœur, leur cœur grand ouvert, toujours disponibles à n’importe quelle heure.

Quand tu rencontrais les frères, tu rencontrais toute une famille. Car ils créaient des liens entre nous. 

Ce que j’aimais, c’est qu’au festival, on était tout de suite dans l’adoration. On louait Jésus. On l’aimait. Père Raymond prenait le saint Sacrement puis on venait l’embrasser après la messe. Il nous rendait Jésus si proche. Cela faisait tomber beaucoup de peurs de Dieu. On se sentait aimé de Dieu. On se laissait aimer de Lui.

Ils savaient nous faire aimer Jésus par un simple geste. Je n’ai jamais vu cela ailleurs.  Dans la rencontre avec Jésus, tu te sentais aimé. Tu sentais que le Père Raymond et le Père Pierre t’aimaient. Tu voyais l’amour qu’ils dégageaient quand ils donnaient la communion. Parfois, ils faisaient une petite caresse sur la joue. Ils avaient beaucoup d’attention à chacun. Je n’ai jamais vu cela. Pour eux tout le monde était des frères et des soeurs.

Ils avaient beaucoup ce désir de sauver l’autre. Ils avaient l’amour du petit. Les frères accueillaient tout le monde. Personne n’était exclu. Même le plus petit, même celui qui était sur l’escalier, surtout le plus petit. Ils allaient vers chacun. Chacun était important. Et pour eux, chacun c’était Jésus.

Ils faisaient des miracles parce qu’ils avaient une confiance inouïe en Dieu. Ils osaient aller de l’avant. Ils n’avaient peur de rien. Le Seigneur était avec eux. Et Maman Marie.

Leur vieillesse se faisait sans problème. Père Raymond n’avait plus qu’une oreille. Je le regardais. Il me disait joyeux : «C’est pas grave, j’en ai encore une autre. Jamais, il ne se plaignait. Pierre non plus d’ailleurs.

Sr Massabielle disait qu’il ne fallait plus accueillir car il était tard et il fallait aller dormir. Le père ne s’arrêtait jamais, jamais, jamais. Sans jamais dire qu’il était fatigué. Il ne présentait jamais une porte fermée. Il avait toujours le sourire et les bras ouverts car il disait : « Il est toujours l’heure d’aimer ». Ils n’étaient pas du tout des fonctionnaires mais des serviteurs de tous sans exception, sans préférence. Cela tu ne peux pas oublier. « Viens vite ma petite sœur ou mon petit frère » disaient-ils alors qu’il était tard.

On ne sent jamais cela de la part des prêtres. Mais ils ont été en Afrique avec des pauvres. Puis leurs parents étaient ainsi. Ils ont été à bonne école.

Nous on était aussi leurs frères et leurs sœurs

Les frères m’ont tout appris surtout cet amour pour les autres. Ils m’ont apporté tellement. J’ai vu leur humilité. Si tu n’as pas d’humilité, tu ne peux pas aimer l’autre. Il faut apprendre à s’aimer pour aimer l’autre sans prétention.

Parce que je suis rien sans toi. Je suis rien du Tout… nous disait père Raymond toujours joyeux. Ce n’était pas : « Je ne suis rien » mais je suis rien du Tout ». Il était confiant. Il n’était que confiant.

Père Pierre aussi en Espagne alors qu’il était père de Foucauld ne voulait pas donner des ordres. Il voulait servir quand il faisait la vaisselle. Personne ne pensait que c’était un prêtre. Il se fait aussi petit que les autres. Et les gens n’en reviennent pas quand il doit dire qu’il est curé. Pas être servi mais servir. C’est l’Esprit du Seigneur.

Je suis comme vous. Jésus est venu chez nous et les frères ont voulu être dedans avec les gens, serviteurs avec les pauvres. Comme Jésus.  Ainsi, ont-ils fait avec les petites filles mal aimées. Elles disaient : « Eux, ce sont nos amis, nos frères. Jamais, ils ne nous ont déshonoré ou écrasées. Au contraire, ils nous relevaient. Ils nous relevaient avec les paroles du Seigneur, en nous faisant confiance.

« Tu as la capacité de le faire grâce à Jésus. Demande-lui et il t’aidera. » nous disaient-ils.

Oui, les frères nous relevaient sans nous écraser toujours en douceur, sans jamais forcer. Quand il a baptisé Yas qui arrivait d’Irak, ils n’ont pas voulu attendre deux ans. Il avait été en prison à cause de sa foi. Ce n’est pas comme dans l’église, où il faut tout mériter. Et être jugé.

La foi de père Pierre, c’est : « Jésus, Jésus, Jésus, Jésus et Maman Marie, je vais la voir. Je vais la voir. »  Ils avaient toujours leur chapelet autant l’un que l’autre. Le désir de Pierre de voir Dieu était intense, puissant, permanent. Cette envie, ce souhait profond, cette espérance de le voir bientôt. Pas pour être remercié mais c’était tellement une grâce pour lui de partir. Il aimait son frère mais cet amour était transcendé par son désir de voir Dieu. Je suis partie avec eux à Rome et je ne pourrai jamais oublier ces trois semaines. Pierre était déjà malade mais il répétait sans cesse : « Je veux célébrer la messe sur la tombe de st Pierre et puis aller prier dans un monastère ». Dès qu’il a célébré la messe sur le tombeau de st Pierre le 14 mai 2018, il pouvait partir tranquille. Il avait pendant la messe demandé pardon à tout le monde. C’était trop émouvant. Tous nous pleurions.  Il avait demandé pardon surtout à son frère. Lui aussi pleurait. Le garde suisse qui était resté derrière et qui ne le connaissait pas, pleurait aussi : 

-Mon petit frère, je t’ai fait du mal. J’ai toujours voulu passer devant toi. »

Raymond disait :

-Mais non Titi »

Tout le monde pleurait.

Il y avait une grande fresque de la pêche miraculeuse. Et il chantait :

-La paix, oui la paix, c’est la paix de Jésus. La paix oui la paix, c’est la paix de Jésus. Alors dit Jésus, alors mon nom sera connu… » Il ajoutait nos noms puis « Raymond oui Raymond, c’est le Nom de Jésus, Nadine, oui Nadine, c’est le Nom de Jésus ». C’était leur vie. Voir Jésus en chacun.

Père Pierre était tranquille, calme, remis à Dieu. Il rigolait parfois et Raymond faisait la messe tous les jours. La messe pour eux, c’était l’amour, le Cœur de Jésus, son Corps et son Sang. Pierre avait le Saint Sacrement toute la nuit sur son lit.