(1930-2023)
Soeur du Sacré Cœur d’Issoudan .
Responsable du dispensaire de Nlongkak en 1970.
Témoignage, recueillie en 2014 sur video
Le centre Jamot, c’était Béthanie, un accueil permanent, incroyable. L’ accueil de tout le monde. Des plus pauvres, de tout le monde. Souvent j’allais manger avec eux. Arrivait quelqu’un. On se lève. On va chercher un couvert et puis on invite un ou deux ou trois convives. Quand il y a pour cinq, il y a pour dix. C’était très très souvent.
La venue de quelqu’un n’étonnait jamais. C’était plutôt une fête. On disait de Jamot : « C’est l’accueil de Béthanie. Beaucoup le disaient comme chez Marie-Madeleine et Lazare.
Au centre Jamot régnait une ambiance tout à fait familiale et fraternelle. Les gens venaient comme s’ils étaient chez eux, comme s’ils étaient dans leur maison.
Et tout cela avec un très très grand amour et un immense respect de toute personne. On sentait cela très fort. Ce n’était pas du tout banal.
Les frères recevaient énormément de médicaments et nous nous très peu. Ils me donnaient tous les médicaments que je voulais. Cela me permettait de soigner les gens à très peu de frais.
Leur conception de l’homme : pour eux, tout homme est mon frère et tout homme est un enfant de Dieu qui a une grande dignité, aussi défiguré qu’il soit.
Ils voyaient Dieu en toute personne. Parfois, certains malades étaient repoussants mais regardez comment ils étaient avec des malades sans mains et sans jambes.
Ils étaient très relationnels.
Pierre était plus intellectuel et écrivait les rapports de mission.
Raymond s’exprimait beaucoup moins facilement que Pierre. Il voulait tout dire à la fois il avait une expression moins audible que Pierre qui parlait très clairement.
Ils avaient le Saint-Sacrement chacun dans leur chambre. Très peu de personnes ont le St Sacrement dans leur chambre.
J’allais souvent à l’eucharistie dans le séjour et parfois dans leur chambre aussi. C’était rare. Ah ! Quand ils sont à l’eucharistie, ils sont pris, pris…. par le Mystère qu’ils célèbrent. C’est une messe qui entrait profondément dans le mystère de Dieu, dans le mystère de la Croix. J’ai rarement vécu des messes comme cela. Mais en même temps très proche, très proche. Il dira en priant : «Pour toi Solange, pour le travail que tu fais pour l’amour que tu as pour ces enfants que tu soignes » c’est-à-dire quelque chose de très concret qui colle à la réalité. » Ils avaient un lien à l’Eucharistie spécial.
Raymond se levait toutes les nuits pour adorer. Quand il se réveillait, Il considérait cela comme un appel de Dieu et il faisait très souvent adoration la nuit.
L’évêque, Mgr Zoa avait toute confiance en eux. Et c’est l’évêque qui les a envoyés pour tous les lépreux de la région car personne ne voulait s’occuper des lépreux qui étaient complètement délaissés. Même les religieux ne voulaient pas s’en occuper. Non parce qu’il Il fallait les soigner, les traiter.
Et justement c’est là qu’ils ont inventé des moyens. Ils étaient très entreprenants. Ils se sont improvisés chirurgiens. Et après, ils ont fabriqué eux-mêmes avec les matériaux du pays, ils fabriquaient des prothèses pour permettre aux lépreux de marcher.
Alors, tous les deux faisaient des prothèses très bons marchés avec les moyens locaux. C’est ainsi qu’ils sont partis partout on les demandait pour apprendre aux gens sur le terrain de faire des prothèses.
Quand ils opéraient et que le lépreux bien handicapé pouvait marcher sur sa prothèse mais, j’ai vu, c’était une telle résurrection. Une véritable résurrection.
Alors ensuite, je les ai accompagnés dans le nord Cameroun parce qu’il y avait des lépreux qui n’avaient plus que des moignons. Alors, ils ne pouvaient pas manger. Les frères ont inventé alors des prothèses de main. Avec cela, le lépreux pouvait manger.
Ils ont transmis leurs découvertes mais cela n’intéressait pas beaucoup les gens. Il n’y a pas beaucoup de gens qui s’abaissent ainsi pour soigner les lépreux.
Par exemple on voit sur le film quand ils vont voir Mère Teresa, elle leur dit : «Non mais frères, ne changez pas nos vies. » Comme elle ne voulait rien savoir ils ont discuté pendant trois heures. Mère Teresa a compris que les frères avaient raison et elle a envoyé ses sœurs pour se former avec eux.
Dans leur mission, vous voyiez qu’ils sont portés par l’Esprit Saint et par la Vierge Marie et il y avait toujours des événements extraordinaires qui faisaient que tout cela s’arrangeait comme cela.
On les demandait un peu partout. C’était réel. Ils étaient connus mondialement. Ils présentaient leur mission avec humilité. Il ne se mettaient pas en avant. Ils considéraient tout cela comme un appel et alors, ils partaient. Sans plus. Ils le partageaient quand ils revenaient mais sans se mettre en avant. Et ils étaient souvent très, très émus par ceux qu’ils avaient rencontrés.
Ils étaient très entreprenants et avaient l’idée de recréer ce qu’ils avaient fait à Jamot. C’est-à-dire former du personnel pour les prothèses. Après, ils ont eu aussi parfois des médecins qui les accompagnaient pour les amputations à l’étranger. Puis ils formaient du personnel pour les prothèses et retournaient parfois voir la marche de ce qu’ils avaient commencé.
Pierre écrivait les livres sur la technique qu’ils employaient. Il savait très bien que les gens pauvres ne pouvaient absolument pas se payer des prothèses avec des moyens européens. Alors, ils fabriquaient des prothèses avec les matériaux locaux du pays qu’on trouve partout et avec cela ils formaient les prothésistes : le bois, le cuir.
Ils prenaient d’abord des empreintes. C’était vraiment technique car il fallait que cela s’accroche bien. Ils formaient les gens de façon purement technique. Ils commençaient quand les moignons étaient bien cicatrisés.
Le bois était local. Sinon on leur envoyait beaucoup de colis de France avec des médicaments, des carrés de couverture fabriqués par les maisons de retraite.

Ils avaient un cœur grand comme le monde alors tout le monde les connaissait. Alors les gens se cotisaient pour expédier les colis. Les frères partageaient. Quand j’avais besoin de couvertures, je pouvais me servir Pour les médicaments ils m’ont énormément aidé. J’allais dans leur local. Je triais et classais les médicaments. Je pouvais me servir. Et puis ils m’ont toujours permis de prendre ce dont j’avais besoin. Et les couvertures servaient pour les lépreux qui souvent n’avaient rien absolument rien. Une couverture en carrés de laine était souvent la bienvenue.
Oui j’ai bien connu le docteur Mannoni. Il m’avait dit : « Moi je suis là pour l’argent. Ce n’était pas du tout le même genre que les frères.
Dans l’atelier prothèse il y avait un garçon amputé qui s’appelait Emmanuel et Yves. Les frères les ont très bien formés et quand les frères partaient ils pouvaient bien se débrouiller tout seuls les deux pour faire les prothèses.
De l’autre côté il y avait une petite maison avec une petite salle de séjour une petite cuisine et une chambre pour les frères. Et c’était les sœurs soit Sr Ada ou Sr Liliane qui faisaient la cuisine.

Derrière leur petite maison il y avait les malades mentaux du centre et la léproserie à côté.
Pour vous montrer le respect qu’ils avaient de tout homme : un lépreux est venu et a demandé une cigarette. Raymond a dit : « Oui on peut te donner une cigarette mais une cigarette cela se paye. Il faut que tu la gagnes. Il lui a fait faire des petits travaux notamment des pirogues en ébène qui étaient superbes. Le lépreux est revenu plus tard avec un sac tout rempli de petite pirogue. Et il a pu acheter des cigarettes. Et puis cela le valorisait, les pirogues. Il a gagné ce qu’il voulait.
Ils avaient aussi un petit jardin. Et toujours pour valoriser L’homme, ils faisaient travailler les lépreux et surtout les malades mentaux. Et un jour j’étais là et il allait pleuvoir. Et j’ai dit à ce monsieur qui était malade mental et qui arrosait : « Tu vois bien qu’il va pleuvoir. »
- On m’a dit d’arroser, j’arrose.
Ils avaient un très très grand respect de tout homme.

Jamais ils ne donnaient quoi que ce soit parce que ce n’était pas respecter l’homme que de donner. Ne serait-ce qu’une petite participation mais il fallait cette petite participation.
S’il n’avait pas d’argent, on les faisait travailler un petit peu au petit jardin par exemple avec les salades. Je crois même qu’ils ont vendu des haricots verts pour aider les gens à vivre.
Il y avait des fêtes organisées par le gouvernement. Cela n’allait pas toujours aux lépreux. Les frères y participaient.
Les fêtes religieuses ? Non, ce n’était pas tellement leur charisme,les fêtes religieuses. Ils célébraient l’eucharistie chez eux dans l’intimité où les gens pouvaient venir.
Il y avait une grand pauvreté à Jamot pauvreté dans tous les sens.
J’ai connu des jeunes tuberculeux beaucoup qui n’avaient plus aucune immunité et qui prenaient tous les microbes. Je vais à cet hôpital, il n’avait qu’un matelas et un lit ou plutôt une planche. Il fallait trouver des couvertures. Il y avait beaucoup des jeunes et c’était sûrement des sidéens pour choper des maladies ainsi. Il y avait la trithérapie classique. Le problème est qu’il n’avait pas souvent les moyens de payer l’entièreté du traitement. Alors on avait trouvé de commander les médicaments en Allemagne. Et on leur faisait payer la totalité du traitement à l’avance pour qu’ils ne l’interrompent pas. Sinon ils deviennent résistants au microbe et alors ils contaminent d’autres et c’est un vrai problème de santé publique. Hélas, les frères m’ont beaucoup aidé aussi. Par exemple une dame qui était très résistante. Car elle avait arrêté son traitement trop tôt. Et alors il fallait acheter des produits qui coûtent très cher. Et alors ils m’ont dit : « l’argent n’est pas un problème. Pour soigner cette personne. » Et ils m’ont donné le nécessaire. Ils avaient le cœur sur la main. Il n’y a pas de problème d’argent pour eux. Pour moi oui. Ils m’ont dépanné plusieurs fois comme cela.
À oui j’ai vraiment expérimenté la providence. Tous leurs tombait comme cela miraculeusement si l’on peut dire. Il y a une série d’évènements qui sont providentiel. On le vivait aussi à Jamot. Tout ce qu’ils recevaient, c’était des dons. Une fois, j’avais vraiment besoin d’un médicament. Je l’ai donné. Et un peu après il m’en arrivait un autre. Et c’était venu de la part des frères Jaccard. Je disais « Après tout, il en a besoin, je donne » Et peu de temps après, j’en recevais un autre.
Je suis entrée ainsi dans un climat de confiance. Cela venait des frères.
Même temps, ils étaient très attentifs. Ils avaient employé un petit jeune homme pour faire du ménage. Et cela se passait dans le local où il y avait les médicaments. Un jour, Raymond a vu cet homme se déplacer avec beaucoup de difficulté. Il l’a interpellé. Il avait volé plein de choses qu’il avait mis avec des bandes velpo autour de la jambe : boîtes de conserve.. Il avait quelques difficultés à marcher. Les deux frères avaient bien les pieds sur terre.
Pierre et Raymond avait des tempéraments bien différents. Raymond beaucoup plus affectif et Pierre l’homme d’action.
Pierre dormait très peu avec 5 heures. Il se levait tôt, priait, rédigeait tous les rapports. Il prenait la voiture le soir et allait dans les rues. Je ne sais pas ce qu’il faisait mais il avait besoin de sortir dans les rues la nuit. Il avait besoin de respirer
Il faisait une bonne sieste à la sieste . Ah ! la sieste, c’est sacré en Afrique entre 12h et 14h.
Moi je recevais quelqu’un, je les amenais automatiquement au centre Jamot. C’était quand même une curiosité. Et tous les amis qui pouvaient venir automatiquement, je les amenais au centre de prothèse. Les gens étaient émerveillés. Ils voyaient le travail qui se faisait avec tellement peu de moyens. Les orthèses, c’était pareil. Ada était très très douée pour cela et pour les petits.
Jamot, c’était une ambiance chaleureuse, fraternelle, amical. C’est cela aussi qui les étonnants. Des gens d’un certain mysticisme et puis pourtant avec les pieds par terre, dans la réalité, dans le concret.
Et tout cela dans l’amour finalement.
Cela ne faisait qu’un.
Il faut vraiment être près de Dieu quand on peut exprimer autant d’affection avec les jeunes femmes de Colombie. Les prendre à bras le corps, caresser leurs joues et puis les regarder les yeux dans les yeux avec un grand sourire. Un large sourire et des yeux qui en disaient long. On sentait que c’était vraiment de l’amour. Il faut vraiment vivre en Dieu pour faire des choses pareilles.
Pierre et Raymond étaient vraiment deux prêtres que dans leur travail avec les lépreux disaient : « Vous ne nous avez pas parlé de Dieu mais vous nous l’avez montré. Par leur façon de vivre, leur proximité avec tout homme quel qu’il soit aussi. »

Jamais ils n’exprimaient une difficulté à en aimer un ou l’autre. C’était tellement inné chez eux. Je ne les ai jamais entendu parler d’une certaine répugnance. Jamais. Jamais.
Avec ces deux prêtres, c’était l’Évangile en action. L’Évangile vécu au quotidien. L’Évangile enfin de compte, c’est de l’amour. On aurait vu Jésus.
Qu’est-ce qu’il faisait Jésus ? Il était proche de tout homme. Il était proche des malades. Eux aussi était proche de tout le monde. Et Raymond m’avez dit un jour : « Tout homme est pour moi un frère. »
C’était vraiment l’Évangile en action. Alors peut-être qu’on a perdu un petit peu ce sens-là chez les prêtres en Europe. On n‘est pas habitué à les voir ainsi.
J’avais pris Raymond comme confesseur. Je ne sais pas si j’aurais tenu le coup si je n’avais pas eu Jamot parce que c’est tout de même assez dur vous vous trouvez seul européenne parmi des africains finalement. Ne serait-ce que par les coutumes, la langue. Ce n’est pas évident. Alors, j’allais j’aime bien aller me ressourcer à Jamot. Ce n’était pas seulement un lieu de travail mais aussi un lieu de ressourcement. Un milieu chaleureux où on reprenait goût à la vie.
Des eucharisties très priantes, les conseils, le sacrement de confession…
Comment il me guidait ? Deux fois il m’a dit : « Solange, ne te regarde pas. Regarde plus haut. » on a souvent tendance à se culpabiliser, à regarder le négatif. Il me dirigeait toujours vers l’avant, vers le positif. La confiance, l’abandon. Cette vie proche de l’évangile vous marque à tout jamais.
Dans leur livre, on découvre leur profondeur.
Je les sentais parfois tellement émus. Oui, on sentait qu’ils étaient pleins de ce qu’ils avaient vécu. On ne peut pas toujours le manifester en permanence. C’est extraordinaire ce qu’ils ont vécu dans tous ces pays là. On les appelait de partout. Puis il y a eu des équipes médicales qui sont venus au centre Jamot. Et des médecins.
Quand on rentre d’Afrique après 38 ans, on est comme un arbre déraciné qui n’a plus ses racines. Vous voyez une chaleur humaine en Afrique que vous ne pouvez pas trouver ici. Et maintenant, ils se sont réintégré dans les monastères. Mais je ne sais pas s’ils auraient pu vivre en dehors des monastères. Parce que là, ils continuent leurs actions. Ils reçoivent énormément de personnes. Autant Pierre que Raymond. Ils témoignent et ils rayonnent.
Quand je les ai rencontré l’année dernière dans une maison de retraite. Raymond avait sa synopse et me disait : « Mais regarde, regarde et regarde cela. » On sentait qu’il était passionné d’écriture sainte, passionné de Bible. Passionné du Christ si on peut dire. Et il est vrai qu’ils ont encore évolué sur le plan spirituel dans ce monastère en vivant en permanence dans le silence et la prière. Je pense qu’il a encore plus approfondi sa relation au Christ alors qu’il était déjà un homme de silence et de prière. Il n’y a plus le travail et les voyages. Et pourtant ils vivaient déjà dans la prière. Je me souviens qu’on revenait du Nord Cameroun pour les prothèses de main. Le Nord est une merveille.
On sentait que les deux frères ne faisaient pas de différence entre le Christ dans l’hostie et le Christ dans les lépreux.
Ils faisaient tout pour améliorer le confort des malades. Et donc inventer des appareils pour faciliter leur vie. Leur rendre un semblant de main..
Pendant les voyages, Pierre criait : « Admirez, admirez mais admirez. Vous voyagez comme des colis postaux. Admirez donc la nature. »
On était parti 8 jours ensemble. On était chez des sœurs. Je prenais deux douches par jour. Le nord Cameroun est très chaud comme le Sénégal, le sahel très très chaud.
Il fallait travailler dans des conditions très difficiles.
Et quand il faisait les interventions chirurgicales, c’était extraordinaire. Il fallait qu’ils soient vraiment entreprenants. Raymond disait : « Puisque personne ne leur donne la possibilité de vivre normalement
C’est toujours très difficile d’accepter une amputation. Alors il fallait préparer les gens. Emmanuel le prothésiste qui était amputé lui-même là aidait beaucoup là. C’est difficile d’accepter l’amputation d’un membre. Il faut qu’il y ait toujours la possibilité de la prothèse.
Ils travaillaient bien ensemble tous les deux, en bonne collaboration. Ils se complétaient ; Raymond était plus actif, plus chercheur ; Il avait davantage d’initiatives pour la découverte, plus inventif pour trouver des moyens.
Xavier venait une fois ou l’autre. Lui aussi était très très doué pour trouver des choses. Xavier était un vrai jumeau. Lui aussi était très très dévoué, très très dévoué. Un homme très relationnel. On célébrait l’eucharistie tous les jours.
Où se lever toute la nuit. Il sentait comme un besoin de prier.
Il faisait souvent une heure d’adoration.
On riait beaucoup aussi. Raymond avait aussi des grands éclats de rire Raymond peut-être moins maintenant. Une très bonne ambiance.
Grande sensibilité tous les deux. Quand la maman est décédée, c’est moi qui ai reçu le coup de fil. Et j’ai dû partir leur annoncer. Alors là, ils étaient bouleversés. Ils disaient « une sainte, la maman, une sainte »
Je suis allée dans la maison familiale quelques jours puis quelques jours chez Xavier. C’était la même ambiance, très chaleureuse.
Pierre et Raymond sont parmi les rencontres qui m’ont le plus marqué.




