Les frères Jaccard en construisant une prothèse au Cameroun
Ma première rencontre avec les Frères était à Thonon les Bains vers les années 2000.
Pierre est venu me parler. Cela m’a fait énormément de bien. Il m’a parlé comme un père, comme un papa comme une maman. Il était père et mère en même temps. J’ai beaucoup parlé avec Pierre . Je lui ai parlé de mon mari musulman. Ils ont voulu le rencontrer. Pierre a expliqué à Kamel ce qu’il avait vécu en Algérie et comment un chef musulman avait sauvé sa vie.
Ils ont parlés sur l’Algérie et ils ont dormi à la maison. J’ai été impressionnée. Les frères Jaccard ne dorment pas ! Ils étaient encore en train de discuter à 4 h du matin, eux en pleine forme et moi, bien plus jeune, la tête qui tombait . Ils avaient une de ces énergies.
Kamel les aimait beaucoup. Il les a bien accueillis. Il ne m’a pas fait de commentaire dessus. Sinon, il m’aurait dit :« Tu invites tes curés. » `
Puis, ils ont célébré la messe dans la paroisse avec le prêtre qui les a bien accueillis. Les gens ont senti qu’ils étaient différents des autres prêtres par leur accueil, par leur joie de vivre, leur proximité.
Il y a des personnes difficiles d’accès. Alors qu’eux ils avaient un cœur ouvert pour tout le monde.
Toutes les personnes qui les ont rencontrés ont été touchées par leur coeur ouvert.
Raymond était un vrai clown et Pierre plus protecteur.
Raymond était comique et Pierre plus réservé.
Chacun savait qui il devait voir. Je m’étais fixé sur Raymond et c’est Pierre qui m’a ouvert le cœur.
Pierre était vraiment père et mère en même temps.
Ils sont venus au moins deux fois chez nous. Ils ont du célébrer la messe chez moi.
Ils n’ont pas cherché à convaincre mon mari. Ils parlaient normalement de chose et d’autre. Ils n’ont jamais cherché à convertir Kamel. Et Kamel les aimait bien.
Ce qui m’a frappé c’est qu’ils aient pu opérer les lépreux et s’occuper des filles de la rue. Jamais, je n’aurais pensé qu’il y avait toute cette misère dans le monde. Ils nous ont fait voir ce qu’il y a au plus profond de la misère. Ils ont marqué beaucoup beaucoup de monde. Chez beaucoup de personnes, leur nom est resté gravé.
Ils ne te racontent pas. Ils vivent et te font vivre ce qu’ils ont vécu sans te mettre la pression, sans te culpabiliser.
Des choses qui m’ont marqué quand ils sont venus à la maison. Ils mangeaient du pain. Ils mangeaient les miettes de pain. Ils ne gaspillaient rien, rien rien. Ils ne gaspillaient pas. Jamais!
Pierre disait : « Le plus grand péché c’est le manque d’amour. Le plus grand péché… le manque d’amour. »
J’ai beaucoup aimé l’adoration avec eux. On était proche de Jésus. On embrassait l’ostensoir . On mettait nos lèvres collées sur Jésus. Je pense que j’ai découvert vraiment l’adoration avec eux. Je ne sais pas expliquer. On n’avait pas l’habitude d’adorer. Cela m’a rapproché de Jésus car on faisait l’adoration loin. Ils m’ont montré une intimité et une simplicité.

Après la messe d’enciellement de Pierre, il a été avec moi pendant trois jours. Je l’ai senti à mes côtés trois jours. Je n’ai pas vu son visage . J’ai senti sa présence pendant trois jours et je ne comprenais pas .
Un an après mon mari décède. Raymond me dit de le baptiser un peu avant son départ. Raymond m’a soutenu. Je m’étais adressée à un autre prêtre qui n’a jamais eu mon message. Raymond m’avait préparée : «C’est Jésus qui viendra le chercher ».
Quand mon mari est parti, j’ai vu Jésus. Il y avait un voile vert entre nous Ses yeux sont devenus clairs et il était beau. Il était beau.
J’ai appelé mes enfants : « Mes enfant regardez comme votre papa est beau. »
Puis, j’ai encore rencontré Raymond quelquefois. Cela m’a soutenu pour vivre le départ de Kamel.
Quand je voulais savoir si Kamel était sauvé, il me disait « Demande lui toi-même ».
Raymond avait une telle Cette proximité, cette simplicité, c’était l’Amour parfait. J’avais l’impression que ce n’était pas Raymond, mais Jésus, qui nous parlait, comme on se parle, sans tabou, simplement.
J’ai reçu la grande croix mariale et eucharistique en février 2020. Cette croix a été pour moi.

Elle m’a embrasée. C’est inexpliquable Je dors avec cette croix. Cela a changé ma vie. Jésus et Marie, on ne peut pas les dissocier.
JESUS et MARIE, on ne peut pas les dissocier . Je sais que je suis avec Jésus et Marie. Je sais qu’ils sont avec moi le soir. Je n’ai pas d’explication. Cela m’apaise. Je me sens moins seul et je prie avec la Croix. Ils m’ont beaucoup appris avec le chapelet, la proximité avec Maman Marie. Pour moi, c’est devenu une vraie maman. Ils m’ont donné le goût du chapelet.
Ce que j’aimais dans leurs enseignements, ils prenaient la parole puis ils avaient toujours quelque chose qu’ils avaient vécu en lien avec l’Evangile. C’est du vécu pas des paroles vides. C’est quelque chose qui te reste.
Tu ne te sentais jamais jugée. Jamais ,jamais aucun jugement. Que de l’amour. Je crois qu’ils étaient une plénitude d’amour. Jamais aucune réaction d’autorité, jamais de paroles qui blessent.
On peut leur reprocher des choses mais si tout le monde était comme cela, si nos prêtres étaient comme eux ce serait merveilleux.
Même si tu as fait des erreurs, ils étaient délicats…..
Pas pour attirer l’attention .
Ils avaient un côté très humoristique.
Mais ils étaient entiers et vrais
Et on sentait la vérité.
Ils étaient attentionnés à tout le monde.
Parfois, Raymond parlait avec moi, puis il voit quelqu’un et il va vers la personne. C’est comme s’il avait senti qu’il y avait quelque chose.
Les deux étaient très complémentaires.
Cela m’a beaucoup marqué. Quand l’un parlait, l’autre écoutait sont jamais discréditer l’autre.
Ils étaient attentionnés envers tout le monde.
Ils se confessaient toutes les semaines l’un à l’autre. Cela aussi c’est beau. J’ai aimé leurs confessions. C’est un peu comme la confession avec la crème au chocolat.
Ce n’était pas minimiser le péché. Ils voulaient sauver l’autre. Ils vivaient comme Jésus vivait.
Quand tu les rencontrais, tu avais l’impression d’être avec Jésus.
Eux, étaient les instruments et Jésus oeuvrait à travers eux.
Ils étaient humbles d’une telle humilité et ne se glorifiaient pas à travers leur façon de parler, de marcher, de te prendre dans les bras parce qu’ls étaient très tactiles.
Tu arrivais, ils tendaient leurs bras pour t’accueillir. Ils ne regardent pas si tu étais riche ou pauvre, moche ou sale. Ils t’entouraient d’amour et te faisaient découvrir l’amour de Jésus.

