DE L’HOROSCOPE À L’ÉVANGILE



En 2015, je souffrais beaucoup intérieurement presqu’au point de ne plus vouloir vivre. Mon enfance avait été un enfer avec mes 12 petits frères et sœurs. Un père alcoolique extrêmement violent qui battait ma mère à mort.

Une amie m’avait dit d’aller rencontrer le père Jaccard qui était au monastère pour recevoir de l’aide. Et voilà qu’en travaillant dans une maison de convalescence, je me retrouve à lui servir chaque matin son petit déjeûner

sans savoir que c’était lui. Je me souviens encore de la chambre, 304.

Donc ce n’est pas moi qui suis allée à lui mais lui qui est venu à moi. Et à travers lui, c’est vraiment Dieu qui est venu à moi. Lui, il avait toujours le sourire malgré son genou malade et opéré.

J’avais le cœur très lourd et j’ai pu lui confier tout ce que je portais et qui me faisait énormément souffrir. 

Il a pris sa croix et il me l’a donnée en me disant : « Tu la mettras au-dessus de ton lit ou sur ta table ».

Chaque matin, il me disait : « Viens lire ton horoscope. Voilà ton horoscope ».
Alors, il prenait sa grande Bible qui était ouverte sur sa table et il me faisait ouvrir une Parole au hasard. Il me disait : « Lis à haute voix ce que tes yeux voient.»  Ainsi, il me faisait lire à haute voix, fort. Et comme cela, il écoutait, la main sur son visage comme pour méditer. Puis il me l‘expliquait. C’était mon « horoscope ». Un jour, je suis tombée sur un passage, on aurait dit qu’on parlait de moi. J’ai été beaucoup touchée. 

Ce petit rituel matinal chaque matin a duré trois semaines. 

Alors, j’ai commencé à changer. 
Je lui ai expliqué que je n’ai pas bien vécu avec mon père. Mais alors là, dans la personne de père Raymond, vous savez, j’ai rencontré un père. Oui, un père d’adoption qui a cicatrisé mon cœur si souffrant. Je n’ai jamais eu autant d’amour pour mon père de la terre que pour le père Raymond. 

Avec mon père, je n’avais pas d’affinité. Puis mes parents se sont séparés. Le père Raymond a tout guéri. Absolument tout. Et cela c’est un miracle. Vous ne pouvez pas imaginer. C’est comme une chape de plomb qui vous met tout le temps dans la souffrance, et hop, c’est enlevé. Il m’a guéri de toutes mes souffrances. 

J’avais partout le sentiment de ne pas être aimée et d’être la bête noire. En plus, les gens faisaient des remarques et me considéraient comme une étrangère car j’étais de couleur en étant de l’île de la Réunion.  J’en souffrais énormément.  Les gens m’infériorisaient tout le temps. J’avais toujours peur des autres et je ne me sentais bien nulle part. On se moquait de moi et on me méprisait dans l’équipe de travail où j’étais aussi. Il n’y en avait pas une qui était un peu proche. Je n’avais personne. 

Pourtant, je faisais mon travail avec amour. Je n’hésitais pas à dire quelques mots aux malades alors que les infirmières souvent les traitaient comme des numéros. J’aimais beaucoup les malades et je prenais le temps pour chacun. J’aimais leur témoigner de la présence et de l’attention. Ils en avaient besoin. Cela fait partie de la guérison. Et j’aimais mon travail. Je n’étais pas là seulement pour nettoyer mais aussi pour être attentive à chacun.

Depuis que j’avais rencontré le père, j’ai complètement changé. J’ai commencé à devenir très forte. J’ai retrouvé toute ma maturité dans le Seigneur. Et je ne me gênais pas pour leur dire qu’il fallait être dans la vérité et la justesse vis-à-vis des malades. Les malades me félicitaient car ils voyaient que je les aimais.

Avant, je n’aimais pas aller au premier étage car c’était les fins de vie. Il y avait des jeunes hospitalisés là et souvent, j’avais peur. Je restais devant la porte à pleurer. C’était très dur. Après avoir rencontré le père, je suis devenue beaucoup plus courageuse. Il m’a donné la force. Alors, je m’approchais d’eux en m’asseyant sur le bord de leur lit et je leur demandais : « Cela vous plairait que je prie pour vous ? » 

Il y avait de belles rencontres. Quand je rentrais dans une chambre désormais où il y avait un Christ ou une Vierge, je leur demandais s’il voulait que je prie un peu pour eux. J’étais devenue beaucoup plus audacieuse pour accompagner dans la foi et dans la souffrance.

Quelqu’un avait perdu sa fille et en voulait à Dieu. J’étais portée et je lui ai dit que Dieu avait pris sa fille mais que Dieu aussi était mort sur la croix. Et que nous étions de passage, que nous étions faits pour le ciel.

Le père Raymond a décuplé ma foi. Il m’a vraiment aidé à être très forte dans la foi et audacieuse. Maintenant, je suis tout le temps avec Dieu et je me sens habitée.

J’ai eu une guérison très importante. Je n’arrive plus à penser négatif mais plus du tout. Mon cœur est guéri.  Vous imaginez ? Cela, c’est une grâce très forte qui ne peut venir que d’en haut et que j’ai reçu grâce au père Raymond et à mon choix de suivre Jésus car après, j’ai demandé à me faire confirmer.

Après avoir rencontré le père, je me suis vite engagée pour me préparer à la confirmation. Et j’ai été confirmée en 2016. Cela a fait une explosion. J’emmenais tout le monde à la Salette. Je suis devenue très missionnaire.

J’allais de temps en temps au monastère. Et là, il y avait la petite messe dans la chapelle du père. C’était merveilleux. Je me confessais avec lui. Et je n’arrive pas à me confesser avec d’autres prêtres. Alors, je vais au cimetière et je me confesse directement à lui.  Il m’aide.  Ma foi se fortifie. J’arrive à dire aux gens qu’il faut tout de suite pardonner. Faire une petite prière pour celui qui t’a blessé et appeler Marie.

Maintenant, j’arrive à pardonner tout de suite. Avant, je n’y arrivais pas. Je dis aux personnes : « Je te pardonne et je prie pour toi, pour que tu changes et que tu ne recommences plus ce que tu fais. »  Ce n’est pas la personne qui est mauvaise mais le démon qi est rentré en elle et qui la pousse à faire le mal.

Encore ces derniers mois, ma famille nous a beaucoup fait souffrir. Je n’arrive plus à en vouloir aux gens du mal que j’ai subi. Je le dis, toutes mes blessures ont été pansées. Mais si quelque chose ne se passe pas bien, je le dis. On ne doit pas parler ainsi. J’arrive à gérer. Je n’ai plus mal tous les jours comme avant. Je demande au Seigneur de lâcher que du positif, qu’il ne me laisse pas penser quelque chose de négatif. J’ai vraiment été guérie, je suis aussi allée à Medjugorje et cela a beaucoup contribué à al guérison de mon âme.

Père Raymond est toujours un père pour moi. Le soir, je prie avec lui. Je me mets dans ma chambre et là, Josian sait. Il ne doit pas entrer quand je suis en prière.

« C’est toi mon père spirituel qui m’a apporté beaucoup de choses. Tu as changé ma vie. Tu m’as appris à pardonner à tous ceux qui m’ont fait du mal et à prier pour mes ennemis. »

J’ai fait tout ce qu’il m’a dit de faire et j’ai jeté tous les petits dieux que j’avais ramené de la Réunion. Cela a été radical. Il nous porte dans la prière et je lui demande : « Surtout, tu n’oublies pas de protéger Massabielle. »

C’est un grand saint pour moi. Quand je le regarde avec son sourire … il nous parlait de Maman Marie. Et comme il en parlait, Elle était là. Il m’a bien aidé à prendre mon chapelet.

Cela renforce la foi. Cela déplace des montagnes. J’arrive à parler aux gens alors qu’avant, je n’arrivais pas.

Quand je suis partie à Medjugorje, je ne connaissais personne mais au retour, je ne me reconnaissais pas . Les gens me le disaient. Les gens disaient des dizaines de chapelet et une dame pleurait. Je me suis levée et j’ai prié pour la dame. Je ne me reconnaissais pas. Moi ? Prendre le micro….

Le père a dit :« Laissez tous vos soucis ici et ne les ramenez pas. »

Le démon est à pour me titiller. Il n’aime pas que je prie. Il veut envoyer les gens me faire du mal et voir comment je réagis.

Je continuerai toujours à prier surtout l’Esprit Saint. Je commence toujours la prière en invoquant l’Esprit Saint.il réagit Et je continuerai toujours à prier surtout l’Esprit saint

.

Trois mois avant que le père Raymond meure, je suis venue le voir. Et il m’a donné son chapelet. J’ai toujours la petite croix qu’il m’a donnée sur moi, sur ma poitrine, sur mon cœur. Pour prier, je mets sa photo et chaque jour, je lui offre le psaume 90.