Tombe de St Charbel au Liban
Très chers Pères Pierre et Raymond,
Il y a plus de trois ans que Père Pierre nous a abandonnés. Et aujourd’hui dans la semaine de Marie Reine, Père Raymond a décidé de rejoindre notre bien aimé père Pierre. La séparation était tellement dure qu’il a voulu le rejoindre.
Chers Pères, je ne veux pas parler de qui vous êtes. Le monde entier sait qui vous êtes, mais plutôt de ce que vous avez changé dans ma vie.
Il y a environ six ans, nos vies se sont croisées. J’ai été contactée pour faire une traduction de l’arabe, puis on m’a proposé de vous rencontrer.
La première fois je ne cache pas que j’ai trouvé que le chemin est long pour venir jusqu’à vous. Dans ma tête je me suis dit : « Seigneur c’est trop loin, il faut avoir le temps pour venir ici, moi qui suis toujours occupée avec ma petite famille, mon travail, sans oublier les urgences judiciaires. Bon, c’est la première et la dernière fois, moi je n’ai pas le temps. »
Une fois devant la porte, Sœur Massabielle avec son grand sourire me disait « Entre ma petite. Sœur. »
Je me suis sentie chez moi.
Père Pierre, Père Raymond assis autour d’une table m’ont regardée avec un grand sourire, et moi toute intimidée j’ai dit : « Bonjour, moi c’est Rima je suis libanaise ».
Alors là, les deux en même temps m’ont dit : « Le pays de Saint Charbel, le Liban, le Pays des Cèdres ».
Il faut dire que lorsque je suis avec vous, le temps s’arrête, par moment j’oublie que j’ai une famille et que je dois retourner chez moi.
Après la première visite, j’ai été comme un enfant toute heureuse qui veut raconter sa journée.
La seconde fois, j’ai amené mon mari et mes enfants. Les liens se sont tissés entre nous. Vous êtes devenus ma famille. »
Je pouvais appeler les Pères à n’importe quel moment. A chaque fois que je rencontrais une difficulté, sans le savoir j’étais chez eux sans me poser la question où je dois aller pour chercher la tranquillité. Je ne sentais pas le temps long. J’y allais c’est tout. Moi qui suis issue d’une famille musulmane et qui a eu un lien avec La Vierge, j’ai toujours senti qu’il y a quelque chose qui me manque dans ma vie, un poids lourd. Je n’avais jamais compris ce que c’était…
J’en ai parlé avec Père Raymond.
Il me disait : « Suis ton instinct mon enfant ». On lisait la bible. On parlait mais j’étais toujours indécise.
Tout s’est éclairé le jour de la cérémonie d’enciellement du Père Pierre. Pendant la messe, j’ai eu un sentiment qui me disait :
« Toi là, tu attends quoi encore ? »
Le lendemain je suis retournée et j’ai vu Père Raymond et je lui ai dit : » Je veux être baptisée »
Il m’a regardée d’un regard profond et il m’a bénie.
J’ai fait mon chemin de catéchuménat pendant deux ans. Tous les mardis chaque fois que mon travail me l’autorisait, je montais chez Père Raymond. On lisait la Bible et il m’expliquait. Il répondait à toutes les questions que je pouvais lui poser. On priait en comparant les paroles de la prière faite en arabe et en français, et on comparait laprofondeur des mots.
Le 24 juin 2020, en plein confinement, j’ai été baptisée.
Pour moi, pour ma famille, les frères Jaccard sont le guide. Lorsque ça n’allait pas avec mon mari, ils étaient là à me conseiller. Père Pierre a toujours été là pour épauler et soutenir mon mari qui désespérait de ne plus retrouver un travail. Les frères ont fait des prières constantes pour lui pour qu’il retrouve la vie, l’espoir qu’un jour proche, il aurait un emploi. Eux avaient une telle confiance. C’était une période très difficile pour tout le monde. Je me rappelle toujours du Père Pierre nous disant : « Chacun d’entre nous a son chemin dans la vie. Ne t’inquiète pas Jésus sait ce qu’il fait. Seulement, fais lui confiance ».
Quelques mois plus tard, mon mari a trouvé le travail qu’en fait il avait toujours désiré et il en était très content.
Père Raymond est dans mon esprit, il me manque déjà.
J’étais la plus heureuse puisqu’il m’a accompagné pour mon baptême.
Son sourire, ses mots, sa foi, son adoration en vers Sainte Marie qu’il l’appelait « Maman Marie ».
Père vous me manquez déjà.
Pour moi, vous êtes parti encore trop tôt mais peut-être que c’était l’Heure.
Je me sens privilégiée parce que je suis venue vous voir à l’hôpital le jour avant votre grand départ. On a mangé ensemble et on a lu la bible. Vous m’avez conseillée d’être patiente avec ma famille. On a lu des passages de l’Évangile. Vous m’avez bénie.
Vous avez décidé de partir.
C’est Jésus qui l’a voulu.
Je crois que le travail devenait très fatigant pour lui, alors il a décidé que Père Raymond vienne l’aider. Rien qu’avec son sourire et son grand cœur il est capable de guérir l’humanité. Il disait toujours : »Il faut aimer, jamais haïr. Dieu est amour, Dieu est miséricorde. Il faut aimer. »
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Père vous resterez dans mon cœur jusqu’à la nuit des temps. Là où vous êtes je suis sûr que vous veillez sur moi et sur mes enfants, ma famille.
Je remercie le seigneur tous les jours de vous avoir mis sur mon chemin, moi qui ai toujours été indécise dans mon choix spirituel. Vous avez su éclairer ma lanterne pour que je puisse tracer mon chemin. Depuis mon baptême je me sens plus libre dans ma vie et dans mon esprit et tout cela c’est grâce à vous.
Merci, Merci, Merci pour tout ce que vous avez fait et continuerez à faire dans ma vie.
PERES JE VOUS AIME.


