UN CHAPELET POUR UN VISA ?

Monique Gissot, hôtesse de l’air raconte :

Hôtesse de l’air pour les jets privés, nous devions atterrir comme d’habitude pour ces avions à l’aéroport de Vnoukovo.   Ce soir-là, à la suite d’une tempête de neige, notre avion est détourné pour l’aéroport principal international de Cheremetievo qui est à une heure en avion.  Alors que je passe avec le commandant par la salle de transit, j’ai une « apparition »:

Les frères Jaccard ! Ma famille était très proche du Père Raymond qui avait été notre prêtre à St Ferjeux. Maman, mes frères et sœurs et toute ma famille étaient restés proches de lui.  Il représentait beaucoup pour notre famille… Puis aves les années, les festivals espérance, nous avions aussi connu Pierre. Comme tout Besançon, nous soutenions leurs missions.

Je les aperçois tous les deux assis, avec leur doudoune et le chapelet à la main…
Si ce n’est pas la Providence ! Un aéroport où je n’atterris jamais et je passe rapidement dans la salle de transit en attente de mes passagers. Plus qu’étonnée, je leur dis :

-Vous attendez quoi ? ?

– On ne peut plus sortir. On n’a plus de visas. On attend. On prie…

Partis faire une mission d’appareillage en Russie, ils avaient prolongé leur mission sans faire attention à l’expiration de leurs visas. Et les voilà coincé en Russie communiste sans parler anglais. Ne fallait pas rigoler à l’époque.

Et eux étaient là tranquilles, paisibles en train de prier leur chapelet. Je n’oublierai jamais ce tableau. Ils sont en difficultés. Mais eux, au lieu de s’inquiéter, ils font finalement l’essentiel, ils ont recours à marie et ils disent leur chapelet piano !!!

Au lieu de se démener pour trouver une solution, ils laissent Dieu leur trouver la solution. Et j’apparais !

Je les vois encore :
– Vous ne pouvez pas rester comme cela !

–     On prie ! On prie Marie.

Leur confiance m’a toujours profondément marquée. 

Je suis allé vers le représentant de notre équipage :

-Faites quelque chose. Vous n’allez pas laisser ces deux prêtres comme cela. Ce sont des amis. Je les connais.

Mon comandant m’appelle :

-Monique dépêche-toi, les passagers arrivent.


Je ne pouvais cependant pas abandonner les frères. Assez inquiète, j’en parle à une connaissance. Finalement, avec quelques démarches et l’aide de mon amie, ils pourront quitter Moscou le lendemain. 

Quel merveilleux héritage ils m’ont laissé : Leur confiance totale en Marie, et leur réflexe paisible de se confier à Elle dans toutes les difficultés de notre vie en étant sûrs que Maman va faire quelque chose.

Merci mes frères Pierre et Raymond.