Un missionnaire est toujours tributaire du temps et des événements qu’il vit. Nous prenons un billet d’avion Lima-Cuzco / Cuzco-Lima. Pour le retour, nous sommes bloqués par un pan de montagne qui s’est effondré et a bloqué la route d’Abancay.
Une seule solution, descendre dans la vallée et traverser la rivière en crue. Les bagages sur la tête, nous traversons le fleuve. Plus on avançait, plus l’eau montait. Nous avons de l’eau jusqu’aux chevilles… On avance et nous avons de l’eau jusqu’aux genoux… puis jusqu’aux hanches. Nous voilà au milieu de la rivière, avec de l’eau jusqu’au cou. Pourvu que cela ne descende pas plus bas ! Heureusement l’autre rive était toute proche. Nous avons vite remonté la pente pour prendre le camion qui nous attendait pour nous conduire à Cuzco. Encore la Providence. À 4 000 m d’altitude, il faisait un froid de canard. Tous les passagers étaient mouillés et avaient très froid. Nous grelottions.
À Cuzco, des sœurs nous hébergent pour nous réchauffer un peu et nous changer. Même avec trois ou quatre couvertures, nous avons grelotté toute la nuit.

Le lendemain matin, nous étions à l’heure au moment du départ de l’avion. Mais l’avion n’était pas là. Un autre était sur la piste, prêt à démarrer. Nous demandons à quelle heure arrive l’avion d’11 h. « Dans l’après-midi. Il n’a pas encore quitté Lima. » Pierre, avec son audace habituelle, monte la passerelle de l’avion militaire. Et, arrivé à la porte d’entrée de l’avion, il s’écrie en faisant le salut militaire :
« Mon capitaine, c’est un capitaine de l’armée française qui vous salue !
– Oh, mon capitaine, que puis-je faire pour vous ?
– Nous avons une réunion à midi à Lima au ministère de la Santé et il est déjà 11 h. Pouvez-vous nous embarquer dans votre avion ?
– Pas de problème. Allez chercher vos affaires et montez vite. »
Nous étions les seuls dans l’avion de 200 places.
Et à midi, nous arrivions à Lima pour la réunion prévue.
Cette rencontre a été providentielle pour les deux capitaines qui étaient heureux d’échanger leurs missions. Avec le steward et les hôtesses de l’air, nous avons pu parler de nos missions de San Pablo avec les lépreux. Cette réunion dans l’avion était plus importante que la réunion dans un bureau avec le ministre de la Santé.
Dans chaque événement, nous marchons sur le chemin de Jésus. Il vient à notre rencontre, il est là avec nous. Marie nous prend par la main pour nous dire d’avancer avec Lui avec confiance.
C’est lui qui a la solution. Faisons-lui confiance absolument, totalement. Il nous conduit après la peine dans sa Résurrection.
