UNE EXPÉRIENCE DE PROVIDENCE

Québec, 1991

Après plusieurs années en mission avec les lépreux au Cameroun et les filles mal aimées d’Amérique Latine, nous désirions vivre un mois complet de solitude et de prière, mais sans savoir où Dieu nous conduirait. Une amie parisienne nous appelle : « Venez, j’ai deux billets pour vous pour le Canada. » Sans savoir rien de plus, nous prenons l’avion pour Montréal, dans l’abandon le plus total.

À l’aéroport, nous savions seulement qu’un grand monsieur nous attendait.

Au bout d’une demi-heure, personne. Tous les passagers étaient sortis et nous attendions toujours ce fameux grand monsieur. Finalement, quelqu’un nous fait signe : « Je suis un ami de Mère Jeanne. Venez passer la nuit chez moi. » Avec le décalage horaire, il n’était que 18 h. Nous le suivons sans en demander plus. Nous sommes sûrs que c’est la Providence qui nous conduit.

Le lendemain matin, il nous met dans un train pour Québec en nous disant simplement : « Un frère de Myriam habillé en bleu vous attend à la gare de Québec. »

C’est ainsi que nous sommes accueillis par René, qui nous attend les bras ouverts et nous conduit à la Communauté. Un bon café nous réchauffe avant de faire les 600 km qui nous séparent encore de Baie-Comeau au nord du Canada.

À notre arrivée, Mère Jeanne, la fondatrice, est sur le pas de la porte : « Venez vous réchauffer à l’intérieur. » C’est l’hiver. Son attention si fraternelle nous réchauffe plus qu’un radiateur.

Nous n’avons jamais entendu parler de cette communauté, et Pierre aimerait bien en savoir plus car nous pensions arriver dans un couvent ou une communauté traditionnelle. Et nous découvrons une famille née de Vatican II, toute centrée sur le réalisme du baptême, ce qui répondait exactement à notre idéal missionnaire.

Avec Mère Jeanne

Pendant deux heures, comme si nous étions seuls au monde, la fondatrice, Mère Jeanne, nous dévoile le charisme de la communauté. Nous découvrons une perle d’Église dans laquelle, d’emblée, nous nous sentons comme chez nous.

« Dieu est un Papa. Il est continuellement agissant dans nos vies pour former sa famille d’enfants de Dieu.

Famille Myriam Bethléem

L’expérience de Providence, c’est d’abord de dire “ oui ” au projet de Dieu sans en connaître aucun détail concret, sans savoir ce qui arrivera dans l’abandon .

Ce n’est pas tout de dire “ oui ”. 

Le plus grand signe, c’est l’amour.: “ C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront pour mes disciples. ” À Myriam, le grand signe a été l’unité de la communauté.

Ensuite, la pratique des sacrements et la prière communautaire. »

Mère Jeanne nous offre deux bungalows pour notre retraite spirituelle. En y entrant, nous sommes très touchés de voir près de notre table de nuit un petit mot d’accueil avec des biscuits, du chocolat, et des fleurs. Quelle délicatesse !

Comme nous avions l’habitude d’adorer la nuit et que nous étions à l’extérieur de la maison, nous lui partageons notre désir de pouvoir entrer la nuit dans la chapelle de la maison. Alors, délicatement, elle nous a donné deux chambres à l’intérieur de la communauté.

Pendant ce mois de retraite, nous reprenons le chemin du baptême pour nous enfouir profondément dans le Cœur brûlant d’Amour de Jésus. Nous étions vraiment en famille avec les frères et sœurs. C’est déjà ce que nous vivions et dont notre cœur était brûlé. Savoir que, depuis le baptême, nous avons un Papa du Ciel qui nous aime…

Titi disait souvent que, depuis notre baptême,

nous sommes chacun l’enfant chéri de notre Papa du Ciel, le frère de Jésus et l’ami intime de l’Esprit-Saint par Marie.

PÈRE PIERRE MARIE

Il nous suffit d’être à l’écoute des événements dans l’émerveillement, la confiance, la charité et la miséricorde.

« Oui en Marie de l’eucharistie à la Trinité. »

Mère Jeanne nous disait : »

« Plus que jamais vous vous sentirez ballotés par le bon vouloir de Jésus qui deviendra l’intime de votre vie. Vos voyages seront intimité d’amour avec Marie et Joseph. Le Seigneur continuera à vous envoyer un peu partout dans ce monde bouleversé.

Sans vous en rendre compte, vous mettrez la paix et laisserez l’espérance dans le cœur de beaucoup d’hommes. »

À la fin, elle avait demandé l’avis aux sœurs : « Ne pensez-vous pas que ces deux frères pourraient faire partie de la communauté ? »

Alors elle crée une nouvelle branche, « Myriam en visitation ». En nous confiant la croix mariale qui est leur insigne propre, elle nous dit : « Je vous envoie visiter les pauvres, les malades, les lépreux, les filles de la rue avec la compassion de Marie. »

L’heure est venue pour nous de prononcer nos vœux d’abandon et de charité dans la joie. Pierre n’était pas très d’accord de faire des vœux temporaires comme ce fut proposé au départ.

C’est alors que, pendant la messe de la célébration des vœux, Mère Jeanne vient dire à l’oreille de Pierre : « Perpétuels. » Nous voici fils de Myriam. 

Pour réaliser nos vœux du baptême,
nous avons reçu avec joie 
cette croix mariale
qui est l’aboutissement du don total de Jésus pour nous
et notre participation avec Marie
à la 
co-rédemption du monde.

Père RAYMOND-MARIE JACCARD
Mère Jeanne et les deux Frères Jaccard à la maison Père du Canada

Cette croix est tellement expressive que nous l’avons reproduite en petit et grand format pour que nous soyons vraiment les témoins de l’amour de Jésus et de Marie pour tous les hommes du monde entier.

Croix originale de la Communauté Myriam Bethléem qui suinte d l’huile