Mets Jésus au centre de ta vie

Père-Raymond-avec-la-Croix-Mariale

Octobre 2018, Chambéry

La Croix est une libération extraordinaire, un enfantement à la Vie de Dieu. Jésus m’a sauvé.

A 30 ans, j’étais tellement mal que je ne pensais plus qu’à me donner la mort.  

Une nuit, j’ai eu des attaques horribles démoniaques. Je ne savais pas ce qui se passait mais je percevais que cela devait être d’ordre spirituel. A 7h du matin, j’ai appelé à un numéro qu’une proche m’avait donnée. Epuisée et terrifiée par ce qui se passait dans mon appartement, j’ai appelé en appelant au secours .

-Ma sœur, je n’arrive plus à dormir. Il y a des âmes errantes dans mon appartement. Cela fait des nuits que je ne peux pas fermer l’œil. Je suis à bout. Je vous en supplie, ne me laissez pas.  J’ai peur. Venez à mon aide. Je ne sais plus quoi faire. Je ne peux plus vivre. Au secours. Aidez-moi….S’il vous plaît…

Le Père Raymond propose de m’envoyer quelqu’un me chercher car je suis en incapacité de conduire. Vous imaginez, il est 7h du matin ! Dans cette histoire, personne ne me connaît et ne m’a jamais vu. 

Me voici avec une personne que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam en route pour le monastère où résidait le Père. Dans la voiture, j’aperçois un petit autel avec la Vierge Marie et un chapelet. Je suis rassurée. 

7h30 du matin. Ce vieux père malade de 88 ans est disponible et répond à mon appel au secours, immédiatement. Cela déjà, ce n’était pas habituel. 

A peine débarquée de la voiture, mes jambes me lâchaient et ne me portaient plus. J’étais tellement mal. C’était physique et j’étais décontenancée. En arrivant dans l’appartement du père, c’était encore pire. Je me suis écroulée à ses pieds. Car il était vieux, assis dans un fauteuil et ne pouvait pas se déplacer seul. 

« Seigneur, sauve-moi » : la nuit de la délivrance

Un combat bien plus intense encore recommençait au moment où j’arrivais et entrais chez lui où il n’y avait que Jésus, Marie, la Croix et les saints. Le démon redoublait ….. et là je me suis mise à sangloter et à crier pour être aidée. 

Le père lui, dans son fauteuil m’a souri. Il était content de me voir et il a ouvert les bras. C’est vraiment Jésus qui m’accueillait.  Je vivais l’enfer et lui, il était là présent, d’ailleurs pour me tirer de ce gouffre qui m’absorbait de plus en plus. Le père a invité la sœur et mon « chauffeur» à se joindre à sa prière. Trente minutes de prière intense….. persévérante.

Je criais, je pleurais, je gémissais. Des spasmes saisissaient tout mon corps. Je ne contrôlais plus ce qui se passait. Je n’étais plus maître de moi et de mes réactions. Lui, il priait paisiblement, assurément et durablement.  

-Jésus, Vierge Marie,  Jésus Miséricordieux, j’ai confiance en Toi.. Je vous salue Marie…. 

Il répétait inlassablement les mêmes paroles.  Cette prière m’est restée et cela m’émeut encore d’en parler aujourd’hui.

Père Raymond savait très bien ce qui se passait. Il me tenait les épaules avec force comme pour me protéger et me sortir du gouffre.  La prière s’intensifiait. Les spasmes aussi. Je pleurais toutes les larmes de mon corps. C’était une lutte puissante à l’intérieur de moi.

Il y avait comme quelque chose dans la bouche qui devait sortir et je n’y arrivais pas. J’essayais mais cela ne sortait pas. Un peu mais c’était bloqué. 

La suite, c’est eux qui me l’ont racontée car je ne sais plus où j’étais. Le père Raymond a posé la grande croix mariale sur mon dos. Et là, j’ai hurlé : « Seigneur, sauve-moi ». Mon corps a été secoué de grands spasmes. J’ai rejeté quelque chose violemment et tout s’est relâché. La paix est revenue dans tout mon être. J’étais sauvée et libérée.

Plus tard, le père me partagera :

« Quand j’ai posé la Croix sur toi, j’ai senti le démon qui te quittait. »

Il m’a ensuite proposé de me confesser, de recevoir le sacrement des malades et de vivre la messe. 

Après tout cela, c’était la fin de matinée, il a dit à la sœur :

– Donnez-lui à manger.

Ensuite, il m’a donné ordre de repartir chez moi avec le jeune qui m’avait accompagné pour vider mon appartement de toutes les idoles, pierres, plumes, cartes que j’avais accumulées et dans lesquels je m’étais confiée.  Cela nous a pris tout ce qu’il restait de la journée jusqu’au soir pour vraiment tout enlever sans rien laisser. Il avait été très clair : « Vous ne laissez rien, pas même une plume ».

Deux grands sacs poubelle pleins que j’ai été jeter avec joie.

La libération se poursuivait. En fait, il restait encore des petites choses mais je ne savais pas. Je suis revenue voir le Père une seconde fois. Et là, il a encore prié et j’ai été encore délivrée.

J’avais prévu d’aller seule au Laos. Le père a essayé de m’en dissuader car je restais fragile. Il ne voulait pas que je parte seule. Comme j’avais payé mon avion, j’étais malgré tout décidée.  La veille de mon départ, des attaques revenant, j’ai renoncé à ce voyage. Heureusement car je n’étais pas du tout en état de partir.

Il m’a redit : 

-Tu pries. Il faut que tu pries. Il faut que tu mettes Jésus au milieu de ta vie. 

Ensuite, le père m’a conseillé d’aller voir le prêtre exorciste de Lyon qui m’a aidée pour d’autres choses concernant ma famille.

Un rempart au fil des années

Durant les années qui ont suivi et jusqu’à la mort du père Raymond, en 2021, je montais le voir régulièrement souvent en fin de journée quelques heures.  Il me confessait puis nous vivions la messe avec lui avant de partager un petit quelque chose. Ce sont des moments inoubliables, gravés dans ma mémoire, des moments d’une telle paix, d’une telle onction, d’une telle tendresse du ciel.

Le père Raymond, c’était l’amour incarné. On le touchait, on le vivait, on le recevait. Jamais je n’ai ressenti cela avec un autre prêtre.  Il avait toujours les bras ouverts : « Ma petite sœur chérie tu sais que je t’aime de tout mon cœur ». Cette image, je ne pourrai jamais l’oublier. Elle montre le dévouement qu’il avait pour les autres.

Souvent quand je venais le voir, j’étais à bout et je pleurais. Je déversais tout ce que j’avais sur le cœur.  Je ne faisais que pleurer. Le père Raymond comme Jésus m’enlevait mon mal. Je sais et cela j’en suis sûre que le père Raymond  a pris sur lui une partie de mon combat. Je me sentais tellement portée dans la prière. Avec lui, vous étiez dans un autre monde. Quand j’étais avec lui, c’était le seul moment où j’étais en paix. Je n’avais plus de combat. Plus aucun. C’était l’amour, l’a paix. J’étais avec Jésus.

Un jour, il m’a dit :

-Cette nuit, j’ai prié pour toi. Et le démon est venu. Il m’a grignoté les mains.  

Je savais que c’était vrai parce que cette nuit-là, le démon m’avait quittée. 

Il a ajouté :

-Quand il vient, j’appelle Maman et il part tout de suite. 

Il devait avoir des sacrés combats.

Il m’a dit : « Tu vois le Padre Pio là-bas, (il avait un tableau de Padre Pio), il est très puissant. 

Il m’a imprimé une affiche du Padre Pio.

Souvent, quand je le rencontrais, il me demandait : 

-Alors, tu en es où avec Jésus ?

Il n’y a que cela qui l’intéressait.

Un jour, je lui ai dit :

– Vous me donnez tout et je ne vous donne rien.

-C’est Jésus qui me donne tout pour que je le donne aux autres. 

Sa disponibilité me rassurait. Il m’avait dit que si j’étais attaquée à n’importe quelle heure de la nuit, car le démon venait plutôt la nuit, je ne devais pas hésiter à l’appeler. Il avait de l’oxygène et sa santé n’était pas bonne. Pour moi, c’était une énorme sécurité parce que le démon me terrifiait. J’avais très très peur d’être attaquée. Il était comme un rempart. 

Il avait aussi des dons de l’Esprit qui lui permettaient de m’aider. Deux fois, je me suis confessée et il m’a dit :

-Ok ! Mais tu n’as pas confessé ceci et cela.  

-Ah oui c’est vrai. Je dois aussi vous en parler ?

-Oui, il faut que tu le donnes à Jésus.

Il savait. Il avait vu.

Il savait toujours quoi dire pour me redonner courage. Tout le temps. 

Marie, la messe et les visitations du ciel

Il m’avait aussi parlé de Marie. Il m’avait dit combien c’était important de la prier parce qu’elle était ma Mère moi qui avais des difficultés avec ma mère de la terre. En fait, grâce à lui, j’ai  pu vraiment ressentir que Marie était ma Mère et qu’Elle était là.  Il l’appelait :« sa petite Maman Chérie ».

Un jour où j’étais allée le visiter, est entré une jeune fille qui avait un problème comme moi mais on ne se connaissait pas. Nous nous sommes retrouvées ensemble main dans la main à prier ensemble et à se bénir. Moi qui n’étais pas trop avenante avec les autres, c’était incroyable. Le père Raymond créait ce climat où toute barrière tombait et on se retrouvait comme des frères même si on ne se connaissait pas. On se sentait toujours en famille avec des frères et sœurs proches comme notre propre vie. 

 Le père Raymond était un roc. Quand il éloignait de moi le démon, il était tout simple. Cela se faisait facilement avec lui. Il était tout petit mais ultra puissant. Un jour, je lui ai dit qu’il était un grand saint. Il a souri et m’a dit : 

-Nous sommes des rien du Tout. 

Et il riait.

Un jour dans ma confession, je lui ai raconté un souvenir traumatique que j’avais vécue lorsque j’étais enfant. Tout à coup, il m’a regardée. Dans ses yeux, j’ai vu une telle compassion. Ah ! Son regard, inoubliable. Je le vois encore aujourd’hui. C’est comme si c’était Jésus qui me regardait avec une telle douleur au cœur. Alors, qu’il ne pouvait pas comprendre. Il est resté ainsi un certain temps puis son regard est redevenu comme avant et il m’a dit : « C’est très dur ma petite fille ce que tu as vécu. » Il avait un tel regard de compassion. C’était divin. C’était de la pure compassion.

Toutes ces merveilles qu’il a laissées.

Le père Raymond m’a vraiment sauvée. J’avais des liens avec l’occulte peut-être à cause de la franc- maçonnerie d’une personne de ma famille. Petite, je faisais des tas de choses sans me rendre compte des conséquences. 

Il aimait tout le monde. C’était dingue. 
A tous, il donnait toujours des petits cadeaux : des bougies, des cartes, des chapelets, des médailles miraculeuses. Il n’avait pas de notion de propriété privée. Il donnait tout. C’était bouleversant.

On était tout le temps dans ses prières. Je sais que jusqu’au bout, il a prié pour moi. Et il continue. Il a porté des souffrances énormes qui ne sont pas de l’homme mais avec Jésus, c’est plus facile. 

Il me disait :

-Grâce à ton combat, Jésus va te permettre de sauver des millions d’âmes. Si tu donnes toutes ces souffrances que tu vis, Jésus va sauver des personnes grâce à toi.

Il m’a dit cela plusieurs fois au cours des différentes rencontres que j’ai eues avec lui.  Il me disait qu’il fallait juste tout remettre à Jésus. Il donnait du sens à ce que je vivais.

-Tu as déjà sauvé des milliers d’âmes. Maintenant, avec Jésus tu va en sauver des millions. 

On se rendait compte qu’il comprenait tout.  Dans le combat spirituel, on voyait qu’il comprenait de l’intérieur. Soit, il l’avait déjà vécu, soit il le vivait. Mais tout ce que je lui disais, faisait sens. Il avait vraiment un don de lire dans les cœurs. C’était bouleversant.

Je ne l’ai jamais vu avoir peur. Il me disait que le démon était puissant mais que par rapport à Dieu, il ne pouvait rien faire.

Et qu’il fallait toujours être sous la coupe de Dieu pour ne pas craindre le mal. Il m’a enlevé à 95% de la peur.

Les messes avec le père :  Jamais je n’ai vécu cela avec un autre prêtre. On avait Jésus avec nous. C’était vraiment exceptionnel de vivre cela. Il y avait un poids de ciel. Pendant une messe, il a pris l’hostie puis il a regardé après la consécration et il s’est écrié : « Mais Jésus, qu’est-ce que tu es formidable ! ».

Tu sentais qu’il vivait la messe très profondément. On était en présence de Jésus. Une telle intimité et proximité.

Il appelait le Père : « Papa ». Et Marie, sa petite Maman chérie. « Il faut que tu pries ta petite Maman, elle est là pour toi. »

Ou alors, il me disait : « J’ai prié Maman pour toi ». Il parlait de Marie vraiment comme de sa vraie Mère ou d’une amoureuse qu’il connaissait et fréquentait intimement.

Je pense qu’il vivait vraiment avec eux tout le temps et cela semblait facile, accessible. Cela semblait la normalité.

Un matin, il nous dit : « Oh cela va bien.  Marie est venue me voir avec Titi mon frère et avec les anges. Ils dansaient, ils chantaient. Je ne me souviens pas de la mélodie. Mais, qu’est-ce qu’ils étaient heureux ! » Il avait reçu une visitation du ciel dans la nuit.

Avec tout ce qu’il a fait pour les autres, il méritait de vivre cela.

Ce n’était jamais pour se mettre en avant car il ne parlait jamais de lui. Il était l’humilité incarnée. Mais il voulait nous partager sa joie. Et nous montrer combien le ciel est beau et désirable.

Il nous a toujours fait comprendre qu’il fallait se tourner vers le Cœur de Jésus. En fait, d’abord vers Marie qui nous tourne vers Jésus. J’ai confiance en lui. Je l’ai connu. Je sais tout ce qu’il a fait pour moi.