Vocation du Père Raymond

Raymond, sa vocation

Et les autres ?

Raymond, c’est la surprise ! Maman Simone met au monde Xavier et le docteur lui annonce : « Il y en a un deuxième, Madame ! » Des jumeaux et des vrais! Que d’histoires drôles, ils collectionnent comme la fois où Xavier est parti à la télévision belge à la place de Raymond très malade. Personne n’y a rien vu.

Cela t’impacte d’être à deux dans le ventre de la maman dit Raymond : « Pendant neuf mois, tu dois faire de la place à l’autre. On ne vit pas pour soi. On apprend à tout partager. » On ressent tout ce que ressent l’autre d’une manière très aiguisée.

Maman Simone prend une place particulière chez Raymond et cela va colorer sa vocation.

Il en témoigne lui-même :

Trois fois sauvé de la mort par sa maman

« Maman m’a sauvé la vie trois fois. A ma naissance, je ne respirais pas. J’étais le plus fragile des deux. Elle a dit au médecin : « Faites-le vivre Docteur. Je veux absolument qu’il vive. » Il a fallu me pendre la tête en bas et me secouer sérieusement.

Alors que Xavier a un tempérament de fonceur et aime vivre indépendant, Raymond reste le plus chétif des deux. Tout petit, il ne cesse de geindre pour retrouver sa place de choix : les bras de sa maman. Là, le pouce en bouche, tout s’apaise enfin.

Une seconde fois, chez des cousins en Suisse, lors d’une fête de famille, il s’échappe de la tablée familiale pour aller voir la course de moto. Une moto roule à toute vitesse et le renverse du haut de ces quatre ans. Sa maman le retrouve allongé sur la route dans une flaque de sang.

Au retour, la joue toute ouverte enfle au point qu’il ne voit plus et qu’il a très mal. « Maman, reste-là et donne-moi la main. Je ne te vois pas. »

« Cela m’a beaucoup aidé ensuite dit-il pour accompagner les lépreux parce que les malades ont besoin de se sentir reliés. Pour soigner un malade, il y a un certain regard et un ton de voix à avoir.

Le médecin est venu immédiatement. Malgré qu’il était à une fête de famille, la maman le rappelle à 22h car elle n’est pas tranquille. Il doit ouvrir la joue et le pus a giclé. Inspirée, elle était, car le médecin lui a affirmé : « Vous avez bien fait de me rappeler sinon, votre enfant n’aurait pas passé la nuit. »

La bêtise du fagot et la première confession

La troisième fois est lors d’une grosse bêtise. Les jumeaux avaient reçu un beau ballon pour Noël. Du haut de leurs huit ans, leurs petites jambes les démangeaient. D’un côté, il y avait une usine avec des vitres. Et de l’autre le potager de Juliette, la voisine. Même en faisant attention, ils ne maîtrisaient pas bien le ballon qui atterrissait bien souvent sur le potager de Juliette.

Furieuse, elle hurlait à la maman : « Tes gosses, ils écrasent mes légumes. »

Comme on est grand à huit ans, nous avons fait le conseil des anciens en nous demandant mais qu’est-ce qu’on pourrait bien faire à Juliette pour qu’elle se taise et qu’elle nous laisse jouer ?

-Lui brûler le fagot de bois qu’elle vient de ramener.

Alors un soir après l’école, chacun se met à son poste. Totor avait apporté le journal et un autre des allumettes et un autre dirigeait les opérations. Et tout s’est mis à flamber puissamment…

Juliette était en furie et elle criait :

-Tes gosses, ils ont failli mettre le feu à ma maison.

Rentrés à la maison, c’était la minute de vérité. Là, cela dépassait les bornes.

-Qu’est-ce que vous avez encore fait à la Juliette ? Au lit sans souper.

Et vers 21 heures, nous entendons la canne de maman. On se dit :

-Çà y est, on est sauvé.

Elle venait quand même nous embrasser. On avait besoin qu’elle vienne car on avait que à 8 ans. Mais on n’était plus très fiers.

-C’est dur ce que vous avez fait à cette maman. Moi, je ne peux rien faire pour vous. Demain, vous allez vous confesser. Vous êtes insupportables.

-Me confesser ? Alors là ! Je n’avais pas fait le lien entre Jésus et Juliette.

Le lendemain matin, maman écrivait une liste sur un bout de papier comme quand elle nous envoyait en course.

-Qu’est-ce que tu écris maman ?
-J’écris tes péchés.

Elle les connaissait mieux que moi et surtout, elle avait mis « fagot de bois ».

Je savais que le prêtre était sourd d’une oreille. Evidemment, j’ai choisi ce côté mais il faisait sombre et je ne voyais rien pour lire. Je regardais par les petits trous et son visage ne bougeait pas même après le fameux fagot de bois.

Quand j’ai entendu le prêtre me dire : « Je te pardonne tous tes péchés, j’ai reçu une grâce extraordinaire. J’étais tellement heureux. Jésus m’a tout pardonné ! maman nous avait appris que quand tu reçois de la pardon de Jésus, tu repars à neuf.

Je suis revenue dans mon banc et j’ai fait ma prière. Et j’ai entendu Jésus me dire :

-Alors, tu es content ?

–Oui, je suis content, mais…mes copains et à mes copines, ils n’ont pas de maman pour les envoyer se confesser. Ils vont traîner ce boulet toute leur vie. Faudrait qu’on fasse quelque chose Jésus. Si tu me donnais un petit bout de ton pardon, moi j’irais leur donner.

« Tu seras prêtre » : l’appel entendu au confessionnal

Je regardais Jésus sur la Croix. Il ne disait rien. Il riait.

-Pourquoi tu ris Jésus ?

-Chez nous, on ne fait pas comme çà.

-Comment on fait chez toi, Jésus ?

-On donne tout. Tu seras prêtre.
-Prêtre moi ? Un garnement comme moi.

-C’est pas ton affaire, c’est la mienne.

Alors quand Jésus m’a dit : « C’est pas ton affaire, c’est la mienne. »

Je suis rentré à la maison et j’ai crié :

-Maman, je rentre au séminaire.

-Mais qu’est-ce qu’il t’arrive mon petit ?

-C’est la plus belle vocation mais c’est la plus dure.

-C’est pas grave maman. Jésus m’a dit qu’il m’aiderait.

Et à partir de ce jour, j’ai toujours su que ce n’était pas mon affaire d’être prêtre mais celle de Jésus.

Cet enfant de 8 ans parlait avec Jésus. Il dira plus tard: « Le Réel n’est pas ici mais dans l’Invisible »

Le Seigneur m’a appelé à travers une confession. Il m’a donné cette grâce extraordinaire. C’est pour cela que j’ai voulu devenir être prêtre pour mes copains pour leur pardonner. Dans le Pardon de Dieu, tu reçois plus. Dieu nous aime à la folie et le pardon c’est un don par-dessus tout.

Raymond petit croisé

A 7 ans, Raymond s’engage dans la croisade eucharistique qui est en plein essor à l’époque. C’est la milice du pape sous l’impulsion de Léon XIII.

Le prêtre du village réunissait les petits croisés et leur transmettait les grandes intentions missionnaires mondiales.

La devise du croisé, c’est :

  • Prie.
  • Communie.
  • Sacrifie-toi
  • et sois apôtre

Avec une visite au Saint Sacrement quotidienne. Chacun note dans un petit carnet les actes qu’il pose.

Le croisé est un petit soldat d’élite de Jésus, qui doit avant tout convertir son cœur et sa vie pour sauver son âme et celle de ses frères. Il s’engage à la prière, aux communions réparatrices, aux sacrifices. Prière, pauvreté, pénitence par petits pas. Il se livre à Marie avec la simplicité d’un enfant.

Le petit Raymond, entre dans un chemin de fidélité au Christ par des petits actes concrets, répété. Il se fortifie dans un esprit missionnaire fervent et permanent.

Une foi transmise par la prière en famille

Cet apprivoisement progressif à Jésus, il le reçoit de sa maman :

« À travers maman qui nous donnait beaucoup de tendresse et d’amour, j’ai découvert les gestes de l’Esprit Saint. Chaque soir, on priait avec nos parents à genoux. Devenus grands, comme on faisait les guignols, elle ne nous réprimandait pas. Mais elle nous prenait sur son grand lit, puis nous caressait les cheveux en disant :

« Viens, on va encore prier un peu la Sainte Vierge. »

Elle était bonne et ferme. Elle nous aidait toujours à voir ce qu’il y avait de bon et de moins bon.

Les pansements qu’elle devait faire tous les jours sur sa jambe malade m’a beaucoup marqué. Elle ne se plaignait jamais.

Les années de séminaire

À 11 ans, j’ai franchi les portes du petit séminaire de Maîche en 1942 en pleine guerre. J’ai dû quitter Xavier car on partait pour un trimestre.

Un professeur de droit canon nous a dit : « Si vous voulez faire de la bonne théologie, vous passez la moitié du temps au cours et la moitié du temps à la chapelle. » Cela m’est resté dans le cœur. Ce prof s’occupait des autres. À peine avait-il fini son cours qu’il prenait sa moto et partait chercher des appartements pour les immigrés algériens.

Titi était aussi pour moi un grand frère, une lumière, un modèle et il m’avait conduit sur le chemin de l’adoration par la spiritualité du Père de Foucauld. On était formé pour étudier, mais moi ma théologie, je l’ai plus faite en allant adorer Jésus. »jésus, je regarde ton Cœur brûlant d’Amour et je me mets dedans. »

L’adoration, cœur de sa vie spirituelle

Avec des copains, tous les dimanches, on se réunissait en fraternité pour partager ensemble l’Evangile et voir comment il nous interpellait. Puis on a commencé à adorer le dimanche après midi. Ce n’était pas assez. Alors, on a fait l’adoration tous les jours. Ce n’était pas encore assez. Alors, on s’est levé la nuit.

Toute sa vie, Père Raymond sera brûlé par la Présence aimante de Jésus présent dans l’Eucharistie. Mon Bien Aimé est à moi et je suis à Lui. Il est un adorateur.

« N’oubliez pas murmure-t-il dans ses dernières paroles,  l’adoration de nuit, c’est tout. »

Il communique sa ferveur. Michel, une vocation tardive n’est pas très enthousiaste : « Je dors déjà le jour, qu’est-ce que cela va être la nuit ? » Pendant un mois, Raymond va le réveiller chaque nuit.
Et après un mois, témoigne-t-il c’est lui qui venait nous réveiller.

« C’est pour dire que c’est Jésus qui nous appelait à continuer l’adoration. » précise-t-il.

Je me régalais des cours d’Ecriture Sainte et des sacrements. Si en philo, on creusait la liberté, je me plongeais dans la Bible pour y construire ma pensée. Et déjà, j’avais déjà cette méthode des petits enfants de mettre des couleurs et de dessiner. «

Raymond est fraternel car son cœur est rempli d’amour. Et les autres ? Il ne laisse jamais les copains sur le bord de la route ramer seuls.

Alors que Michel peine à étudier, il s’ingénie à lui faire répéter les cours en pendant les feuilles à un fil. Et ainsi à trois ou quatre, ils se redisent les matières avant les examens.

Tout le monde réussit.

Raymond se prépare avec sérieux pour suivre Jésus. Il est un séminariste rigoureux et passionné.

Ses armes spirituelles sont déjà en place. Il y sera fidèle chaque jour sans défaillir ce qu’il appelle la trithérapie.

La « trithérapie » : Marie, l’adoration et l’Évangile

En 1965, un couple lui confie une difficulté : « Si vous ne lisez pas l’évangile, si vous n’adorez pas et si vous ne dites pas votre chapelet, vous n’y arriverez pas. »
50 ans plus tard, il redit les mêmes paroles à un autre couple.

Son adoration sera la plus permanente possible au point qu’une mystérieuse hostie apparaîtra sur sa poitrine lors d’ une photo prise à Besançon.

Et la main toujours donnée à Maman Marie dans le chapelet récité avec générosité.

Comme dit le Pape, l’Eglise est un hôpital de campagne dont Jésus est le docteur. Marie, l’adoration et l’Evangile te plongent dans le Cœur brûlant d’Amour de Jésus à la Croix qui transforment ton cœur. P Raymond

Lourdes, lève-toi et marche !

En 1954, un événement vient bouleverser sa vie et orienter radicalement sa vocation.

Alors qu’il participe au pèlerinage militaire à Lourdes, il retrouve un soldat avec qui il a lié amitié à l’hôpital de Dijon quelques semaines plus tôt : Jacques Venzon.

Depuis qu’il a sauté sur une mine lors de la guerre d’Indochine, Jacques est déclaré grabataire à vie. Le médecin le réforme et écrit qu’il ne pourra jamais guérir.

Il ne peut même pas s’habiller seul et se déplace sur une table roulante.

Pour le changer d’air, des amis lui offrent un pèlerinage à Lourdes. Il accepte bon gré mal gré car faut pas lui casser les pieds avec des histoires de Bon Dieu, lui qui a aussi été torturé pendant la seconde guerre mondiale. Raymond a su apprivoiser ce loustic hors pair qui le surnomme gentiment « l’apprenti curé ».

Jacques veut visiter la ville mais « ne me fous pas là-dedans « dit-il en parlant du sanctuaire. Avec deux autres copains, voici Jacques poussé par son âne dit Jacques en riant.

A croire que les ânes peuvent être bien inspirés….

Après un premier, un deuxième puis un troisième café cognac, Raymond est poussé à avancer les pions avec audace.

-Jacques, ici il y a une merveille que tu ne connais pas encore : un rocher qui est plus poli que les joues de ta femme Anne Marie. Veux-tu le voir ?

– Oui si tu veux mais pas devant les copains

– Ne t’inquiète pas. Nous irons par le Gave.

Jacques ne proteste plus.

Quand de ses mains, il touche le rocher et voit que à 1m50, la Vierge a mis ses pieds, il reste très silencieux. Il ouvre ses yeux ébahis. Il fallait qu’il ouvre encore son cœur.
Après un petit détour par la petite source, Raymond avance encore un pion :

-Jacques il fait chaud en ce mois de juin. Tu ne voudrais pas te baigner ?

Cette fois, Jacques recommence à gueuler et à traiter Raymond de tous les noms. C’est un autre terrain de bataille. Raymond, lui sait qu’il faut entrer dans la piscine. Elles n’ouvrent qu’à 14h et des gens prient en attendant. Raymond monte sur un petit muret et s’adresse à ces pèlerins

-Tenez, Regardez c’est Jacques il a donné sa vie pour nous sauver. Il faut qu’on prie pour tous ces gens qui se sacrifient pour nous. Allez, on va prier ensemble et pas comme des canards à la queue leu leu. Jésus nous a demandé de prier ensemble. On sera exaucé. »

Une force poussait Raymond à poursuivre sans défaillir malgré toutes les forces adverses.

Le miracle de Jacques Venzon à la piscine de Lourdes

Quand le brancardier ouvre les portes, c’est le soulagement. Et Raymond dit :

-Alors maman, çà y est . Maintenant, c’est à toi de travailler.

Les brancardiers prennent Jacques sous les aisselles puis lui demandent de prier.

-J’sais pas lire.

Adjudant chef !

-Voulez vous être trempé complètement ?

-J’ai une infirmière qui me lave mieux que vous.

Au moment où ils le plongent, chose formidable, l’eau était chaude. « Je transpirais et il y avait comme une sorte de vapeur qui se dégageait de mon corps. Raymond me donne un verre de cette eau changée une fois par jour.

-Bois, Jacques c’est l’eau de la Sainte Vierge.  Elle est miraculeuse.

Les brancardiers le retournent et le portent sous les aisselles.

« A la dernière marche, dit il une force en moi me fait parler contre ma volonté.
– Lâchez-moi ! Je marche tout seul.

Il tombe dans les bras de Raymond en pleurant : Pourquoi moi qui suis incroyant et pas les autres qui sont croyants !

-Laisse faire Maman, Jacques, elle t’aime.

Le docteur Pélissier, médecin du bureau des constatations c déclare dans le disque du centenaire de Lourdes que c’est le miracle qui l’a le plus impressionné. Il se met à pleurer en disant: « Tu s guéri mon p’tit »

Devant sœur Anne Marie et trente-cinq médecins, la jambe gauche de jacques reprend le volume de la cuisse droite.

Marie devient la Bien-Aimée du Père Raymond

Ce jour-là, la Vierge Marie a fait coup double. Si elle a guéri miraculeusement Jacques, dans le cœur du jeune Raymond, elle devient d’une manière très particulière sa Bien Aimée. Au séminaire, il venait de terminer un traité de mariologie. Là, c’est une personne qui entre en lui.

Désormais, et jusqu’à son dernier souffle, Maman Marie comme il l’appelle lui sera plus intime à lui-même que lui-même. Elle sera tout pour père Raymond : sa Vie, son Souffle, sa respiration, son inspiration, la solution à ses problèmes. Elle nous aime et nous remet debout. Il lui appartient tout entier. Il vit pour Elle, il vit en Elle, il vit par Elle, l’Immaculée Conception, toute consacrée à la Gloire de Dieu. Sans cesse, il recours à Elle et lui fait entièrement confiance. « N’oubliez pas. Marie, c’est tout. » Il l’a vue sauver Jacques. Il l’a vue réaliser l’impossible car rien n’est impossible à Dieu si tu crois.

Ceux qui ont connu le père témoignent de ce qu’il transpirait de Marie. C’était sa marque à lui. Cela se sentait, cela se voyait. C’était une véritable onction du ciel., Une onction de compassion, une onction de tendresse, une onction de charité. Le Père arrivait et on sentait immédiatement cette présence de la Vierge.

Jacques était dans la mort. Il est remis dans l’amour par Marie Immaculée. Le soir, il est un autre personnage, changé et habité par la Maman. Il fait la procession au flambeau et le chemin de croix en entier.

Ses copains le portent en triomphe. Et à la grotte le soir, il dit :

-Maman, merci de m’avoir mis au monde.

Ordination

Raymond a hâte de recevoir la promesse de Jésus.

La nuit avant le grand jour, il veut rester avec Jésus à la chapelle.

Pendant toute cette nuit, j’ai dit à Jésus :

« Tu sais Jésus, tu as affaire à un gangster. Ton enfant de huit ans, il n’a pas changé. Alors si tu veux que je sois prêtre, il faut que tu t’armes de beaucoup de patience et de beaucoup de courage. Et puis de miséricorde. »

Jésus m’a dit : « Tu as fini de te regarder ? C’est pas ton affaire. C’est la mienne ».

-Bon , alors, Jésus je te fais confiance.

Je me suis mis dans la lignée des prêtres. Mais quand l’Evêque m’a imposé les mains, c’est une grâce qui me dépasse et cela dure encore aujourd’hui à 89 ans. Je savais maintenant que j’avais tous les pouvoirs pour pardonner, ce que Jésus m’avait promis quand j’avais 8 ans.

Maintenant, encore, après 63 ans de ministère, j’entends encore la voix de Jésus : « C’est pas ton affaire, c’est la mienne, suis-Moi, sois ce que Je suis. »

Soigner les lépreux , les filles mal aimés de la rue, appareiller les grands amputés, vivre dans les monastères, nous savions avec Pierre que ce n’était pas notre affaire, mais la sienne. Cela nous dépassait, mais parce que Jésus nous le demandait, sa parole était toute notre assurance et notre force.

Quand Jésus nous appelle, faisons-lui confiance. C’est lui qui prend la responsabilité de cet appel pour faire de nous un saint, comme il nous le demande. « Soyez saint. Soyez parfait comme votre Papa du ciel est parfait. » Laisse-toi faire par Jésus. L’abandon total c’est de se laisser faire par Dieu. L’abandon cela veut dire « Abba en don », tu t’abandonnes à celui qui n’est que Don.