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La synopse de ce matin nous a fait vivre un moment rare avec l’histoire qu’a vécue Françoise dans son centre d’accueil de jour pour toxicomane à Lausanne. L’histoire peut paraitre banale par les temps qui courent : un homme de 69 ans que l’horreur de la guerre jette sur les chemins (qu’on imagine truffés d’horreurs encore plus grandes !) seul, privé des êtres proches par les bombes, et qui arrive devant la porte de ce centre où il reçoit un message d’amour fabuleux qui le bouleverse : Là, il n’est pas repoussé mais une voix douce et chaleureuse lui offre un moment de repos pour son âme.

Pas de ce repos dont l’homme riche de la parabole voulait entourer son âme ( nous étions justement en train de la lire  avant l’arrivée de Françoise, clin Dieu  au passage !) mais un repos offert par la Providence. Un repos qui vient de Dieu et qui n’a pas été prémédité par celui qui le reçoit. Un repos qui comble au plus profond de soi. Un vide qui se remplit et non un plein qu’on sur-rajoute à un plein.

Cet homme a tout abandonné, il n’a plus rien…plus rien que cette foi insolente contre les ténèbres de sa vie…avancer encore et encore dans le vide de l’inconnu….dire oui à la vie même au plus profond de la mort.

 J’ai compris ce qu’était la foi à travers cette histoire. S’abandonner à la vie « quand même » , ou « malgré tout », pour se plonger encore plus profond dans ce rien  qui nous fait peur et qui s’appelle  la vie. Etre en creux et se mettre en creux à la foi (s). Comme ce « oui »  spontané de Marie à l’ange qui lui annonce qu’elle va porter le fils de Dieu.

Cette histoire nous invite à la confiance envers et contre tout. Pas besoin d’assurance, de compte « bien garni », de placements, de rencontres à gogo……pour soulager notre âme de ses peurs, de ses vides, de ses pleins, de ses souffrances.

J’aime cette phrase que j’ai entendue un jour : «  trop de tout et pas assez de rien ». Dieu est dans ce rien, cet invisible, cette absence qui nous effraie pourtant.

 Mettre son âme entre les mains de Dieu et lui se charge de tout. Je ne m’accroche à rien, je ne retiens rien, je lâche prise avec toutes mes possessions, mes pensées, mes émotions et même mes souffrances physiques. Je me laisse traverser par tout cela comme à l’image de la montagne citée par Raymond ce jour. La montagne sur laquelle les pluies s’écoulent sans qu’elle en retienne aucune,  pour nourrir lacs et rivières en partage.

La montagne remet tout entre les mains de Dieu et la création se renouvelle !

Facile à dire quand on vit dans un monde où on passe 99% de notre temps dans des dialogues interminables avec nous- même : « qu’est ce que je peux faire ? » « comment je vais m’en sortir ? » « je n’y arrive pas »……. Ce même « je » que l’homme de la parabole martèle à longueur de phrase.

 Ce « je » tout puissant qui nous habite et nous ensorcelle au point que ce « jeu  virtuel » l’emporte sur notre lien avec l’invisible et qu’on  en oublie de vivre. A force de ne compter que sur soi, on est devenu aveugle et sourd. On est crispé, tendu sur soi, auto-centré.

Et c’est quand la vie nous prive de tout, nous dénude de tout ce à quoi on s’accrochait et surtout nos pensées, qu’on sort de ce « jeu » et  qu’on peut voir plus loin pour peut-être , enfin, être touché par l’amour de Dieu.