Offre, donne, aime

Ah ! Petit Raymond, qu’est-ce qu’il aimait ! Il nous apprenait le chemin de l’Amour.

Raymond était mon confesseur, mon confident, mon ami, mon soutien, un modèle. Il était l’amour incarné. Je le rencontrais à la chapelle de l’hôpital tous les mois où il venait pour les confessions et l’adoration.

C’est cela qui m’a le plus frappé chez lui. Son Amour. C’était comme l’Amour de Dieu. C’était l’amour et l’attention à tout le monde sans exception. 

J’ai été très malade et j’ai dû partir à l’hôpital. Je suis une chrétienne très présente dans la paroisse. Aucun prêtre n’est venu me demander comment j’allais. Avec Raymond, c’était naturel. Tu savais qu’il pensait à toi et qu’il priait pour toi. Même s’il était loin, tu ne te sentais pas seule.

Avec lui, il y a eu trois événements importants. Trois grandes grâces pour ne pas dire trois miracles.

Premier miracle : 

En 1999, un de nos fils allait très très mal suite à une expérience occulte.

Il était comme fou, ensorcelé. Il nous disait : : « Je suis dieu. Dites-moi ce que vous voulez que je fasse et je serai capable de le faire. Dites-moi qui je suis. »  

J’étais désespérée car il était déjà père de famille. Je savais que si je faisais appel à un médecin, ils le mettraient en hôpital psychiatrique et cela, évidemment ne résoudrait rien. Je ne trouvais pas de prêtre qui soit à même de gérer cela. Alors, j’ai téléphoné à Raymond.  Il était disponible. Ni une, ni deux, il est immédiatement venu de Villers le lac où il demeurait avec Pierre car il connaissait ce genre de sorcellerie. Çà, c’était Raymond. Vous l’appeliez, il répondait « Présent » illico . Il est monté dans la chambre à l’étage avec notre fils. Moi et mon mari, on priait comme des fous en bas pendant ce temps-là. 

Quand tout a été fini, notre garçon est sorti transformé et guéri définitivement. Guérison physique, psychique mais bien plus encore spirituelle. Il n’a plus jamais touché à l’alcool et a retrouvé ses esprits. Il a ensuite préparé sa confirmation et il a été confirmé. Puis il a repris le chemin de l’église, de la prière. Un homme nouveau. Cela fait 25 ans de cela. Vous imaginez ? En une confession avec Raymond. Avant, il n’allait pas à la messe. Il avait tout envoyé balader après sa communion solennelle. Raymond nous l’a vraiment sauvé sinon cela aurait été l’hôpital psychiatrique.

Notre reconnaissance est éternelle. C’est inoubliable. Inoubliable.

Deuxième miracle :

En 2010, mon mari depuis un an souffrait de problèmes digestifs graves. Son médecin le soignait pour une colopathie. On l’a envoyé voir un psy. Aucun traitement ne le soulageait et Il mourait dans des conditions de souffrances abominables car il ne mangeait plus rien. Il avait maigri….jusqu’à l’article de la mort avec 40 kg.  Il était devenu comme les gens qui sortent de Dachau. On avait racheté un canapé qu’on avait mis en bas dans la maison pour qu’il puisse s’y poser et y dormir en bas car il était tellement devenu faible. Il mourait de souffrance. La médecin lui a dit que c’était psychologique et que c’était la fin car il n’y avait pas de solution. Je ne savais plus quoi faire et je voyais mon mari s’affaiblir sans que je puisse rien faire. Bien sûr, on savait que le Père Raymond nous portait dans la prière avec toute notre famille. 

C’était affreux et on était désespéré. Je priais énormément et surtout je m’appuyais sur la prière et l’intercession de Raymond.

Nous sommes allés voir Raymond qui lui a donné le sacrement des malades. Puis en rentrant, on nous a dit d’aller voir un prof au CHU. Il a tout de suite vu par une biopsie que c’était un cancer de l’estomac. Ils ont alors décidé d’enlever l’estomac. 

Après la prière de Raymond au monastère, tout s’est dénoué. Il a été rapidement opéré et a guéri en quelques jours. Cela fait plus de 16 ans de cela. Et depuis, il mange de tout et n’a plus aucun problème. Il a une vie tout à fait normale. C’est vraiment un miracle.

Mon mari a la photo de Raymond. Il me dit : « Raymond était un vrai père pour moi » Mon mari ne se confessait qu’avec Raymond et depuis son départ, il ne s’est plus jamais confessé. Pour lui, dit-il, Raymond était un père, un frère, un confident et un ami. C’était l’amour et on ne se sentait pas jugé.

Troisième miracle :

En 2015, une cousine proche fumait tellement qu’elle a eu des problèmes de santé graves. Raymond lui disait d’arrêter et d’offrir ses cigarettes. 

Une amie m’a prévenue qu’elle allait très mal aussi j’ai pris l’avion pour aller la voir. Elle m’avait dit : « Jamais, je ne pardonnerai à mes belles soeurs.»

Comme le ciel approchait, je décide d’appeler Raymond très tard pensant qu’il est chez lui. C’était déjà extraordinaire qu’il me réponde car on ne l’avait pas facilement au téléphone. En plus, il était déjà bien fatigué car il sortait d’une conférence à 85 ans. Il a pris le temps de m’écouter. 

Je lui explique l’état physique de ma cousine et surtout ce qu’elle portait sur le cœur. Et je lui demande de prier pour elle : « Elle va partir et elle n’arrive pas à pardonner. »

Il me répond : « Tu lui diras que je l’aime et qu’elle pardonne quand même. »  

Josette ma cousine m’a répondu : « Tu diras à Raymond que je vais lui obéir au doigt et à l’œil et que je l’aime ».

J’ai su que deux heures après, elle était partie vers le Seigneur.

On a des mots très faibles pour dire ce qui se passait quand on le rencontrait. Raymond m’a tout appris. Ouh lala. Souvent, il me disait : « Ecoute, je vais prier pour cela. » Les choses s’arrangeaient. 
Puis son amour de Maman Marie Oh lala petit Raymond.

Il vendait ses bougies et ses nappes pour ses missions.

L’amour de Maman Marie…Ah ! Petit Raymond, qu’est-ce qu’il l’aimait…

Puis la synopse, l’amour de la bible

Et cette simplicité qu’il avait de recevoir au RER en Savoie (rencontre, écoute, resto de Pugny).

Un jour que je pensais mourir à l’hôpital,  j’ai dit à Jésus : « Seigneur Jésus, j’arrive. » Quand je l’ai raconté à Raymond, il me répond du tac au tac : « Dis plutôt :« Jésus, Maman Marie, venez me chercher ».

 Cela change tout. 

Ah ! Ce Raymond, tellement près de Dieu. Il était toujours avec le Seigneur et dans tout ce qu’il disait, il nous rapprochait du Seigneur. Il m’a appris l’amour et la douceur, la présence de Maman Marie. 

J’ai aussi tous les souvenirs des festivals à Besançon. Tant de témoins ont parlé de la puissance de l’amour de Dieu qui les avait transformés. 
Combien de personnes ont participé pour financer leurs missions et les soutenir pendant 40 ans. C’était un vaste réseau fraternel. On était dans cette merveilleuse famille de charité.

Jusqu’à demander aux personnes âgées d’un Ephad de reprendre leurs crochets et leurs aiguilles pour faire des carrés de laine, les assembler et en faire des couvertures pour les lépreux, les malades et les nécessiteux. J’allais voir les mamy à l’hôpital. Tout à l’hôpital était transformé car ces personnes se sentaient à nouveau utiles. 

5000 couvertures sont parties en Afrique. Il y avait une ambiance extraordinaire car Raymond leur avait redonné de l’espérance. Cela crochetait et tricotait dans tous les sens.

Puis nous étions avec eux à Lourdes lors d’un pèlerinage. Ils confessaient toute la journée dans la prairie et ils ne pensaient pas à eux. Ils ne voulaient pas s’interrompre pour aller manger. Ils avaient une de ces résistances. Ils ne montraient jamais leur fatigue, aucun des deux. Toujours en forme pour servir le Seigneur quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. De toute façon, ils dormaient très peu car ils adoraient toutes les nuits.. Une amie leur avait donc acheté à chacun un sandwich pour qu’ils aient un peu de force.

C’est grâce à Raymond que notre couple a tenu et Dieu sait s’il y a eu des remous très difficiles et critiques. Et aujourd’hui, nous continuons la route ensemble avec mon mari. C’est grâce à Raymond que nous sommes toujours ensemble. Il me disait : « Offre, donne, aime. Tu l’offres à Maman Marie » Raymond nous a toujours aidé.

J’ai aussi de merveilleux souvenirs de l’amour de Raymond pour la bible et surtout la synopse des 4 évangiles. Quelle simplicité quand il nous accueillait à son RER du monastère de Savoie.

R rencontre

E= écoute

R resto.


Il riait en disant que c’était le RER de Pugny Chatenod. Il transformait tout par sa foi.

Il a su me transmettre son amour de la Bible.

Et je le vois encore mettre des petits bouts de papier qui étaient des intentions de prière dans son petit oratoire. Le tabernacle était ouvert et il n’y avait dedans que des papiers et des intentions de prière.  Il disait que c’était le bureau de Jésus, toutes les intentions qui le dépassaient. Alors, lui il les donnait à Jésus et il savait que Jésus s’en occupait vraiment. Il disait aussi que c’était le garde-manger de Jésus.

Il est venu me voir alors que son frère était déjà parti vers le Seigneur. Il est venu deux heures rencontrer des gens de la paroisse. Ils en parlent encore aujourd’hui comme si c’était hier, càd 5 ans plus tard. Pourtant, il était déjà bien fatigué, il parlait difficilement et marchait aussi avec beaucoup de difficultés. Mais il rayonnait. C’est ce que tout le monde dit : « L’amour pur et total ».

Oui Raymond était rayonnant.  C’était l’Amour pur, beaucoup d’humour, de douceur, de compassion, de bienveillance et de patience.  Il était et vivait ce qu’il prêchait. Il était accueillant, souriant, sans jugement. C’était l’amour et l’attention à tout le monde sans exception. Il était le représentant de Dieu. On recevait l’amour de Dieu en direct. On ne se posait plus aucune question. On était mis dedans comme çà simplement..

Pour moi, c’était comme Dieu en personne. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme cela et je suis tellement heureuse de l’avoir connue.  Avec lui, chacun se sentait unique. Car il prenait chacun sur son cœur comme s’il les connaissaient tous. Si tous les prêtres étaient comme lui habités par l’amour, l’oubli de soi et le don sans limite. Le monde a soif et les gens sont paumés.

Il rencontrait quelqu’un par exemple en stop ou dans la rue, tout de suite, il lui parlait de Dieu. Tu te souviens ? Fallait le voir comment il abordait les gens : « Comment tu t’appelles ? Tu connais ton saint ? »  Tout de suite, il le branchait sur le Seigneur. Il lui parlait de l’amour infini de Dieu. 

Puis il proposait très vite de passer à la machine à laver à la confession. C’était un bonheur la confession avec Raymond car on voyait qu’il donnait tout de suite tout au Seigneur. Il ne gardait pas pour lui. Il était tout de suite et tout le temps tourné vers Dieu. Lui était juste un relais.

Un jour, il vient me voir. Il avait cueilli une petite fleur sur mon balcon et il me l’apporte. Vous auriez dû voir son sourire, un sourire d’angelot. Ils étaient les deux cette fois-là avec Pierre. Je le vois encore. Non mais, fallait voir ce sourire. Vous ne pouvez pas oublier cela. Il y a une telle bonté dans ce sourire que Dieu est là.

L’humour, ils en avaient tous les deux. Ils ne se regardaient jamais, jamais, jamais.  Ils ne se plaignaient pas. Ils ne s’épargnaient pas la croix.

Tout était simple avec lui. Tu venais avec tes gros soucis. Et avec lui, ils s’envolaient. Il s’arrangeait pour tourner le truc. Oh lala.  On se retrouvait mis dans le bon sens. Et on pouvait repartir pour continuer la route. Le cœur confiant.

C’était fou. Merci Seigneur, vivement qu’on le retrouve. C’était tellement normal tout cela avec lui. C’était la normalité.