
PONTARLIER 1975
Tout a commencé lors d’une visite à l’Ephad de Pontarlier. Vers les années 1975, au cours d’un retour en vacances, Père Raymond veut aller visiter Ces personnes âgées.
Mais que de tristesse, il rencontre dans les regards….
-Comment vas-tu, maman ? dit-il à la première.
-Mal, je ne sers plus à rien.
-Et toi ?
-Je suis déprimée. Mes enfants m’ont mis ici contre ma volonté, et je ne me plais pas.
-Et toi Mamy ?
-Ah ! Si je pouvais, je ferais quelque chose. J’ai encore de la laine et des aiguilles, un crochet.
-Sais-tu ce que tu vas faire? Tu reprends tes aiguilles et la laine que tu as et tu commences à tricoter des carrés de laine de 10 cm sur 10 cm. Puis tu demandes à tes copines de faire comme toi. Et ensuite, il y en a bien une parmi vous qui pourra les rassembler et en faire une couverture. Un seul fil d’amour !
UN SEUL FIL D’AMOUR
Tu vois, mes frères lépreux sont atteints dans les nerfs et ils ont des névralgies qui leur donnent de grandes souffrances. Et l’hiver, ils grelottent du froid. Vous pourrez ainsi aider les lépreux.
La mayonnaise a pris. Tout a changé à l’Ephad. Ce fut une véritable révolution. Un vent de joie, d’espérance a saisi toutes ces dames. Une entreprise de notoriété nationale appelée « les mamy tricoteuses. »
ET cela a été contagieux et s’est répandu jusque dans le sud du pays et même en Suisse et en Belgique. Regardez à Lourdes….
Christiane Dumont témoigne : « J’allais voir les mamy à l’hôpital. Et tout l’hôpital a été transformé car ces dames se sentaient à nouveau utiles. Il fallait voir cette ruche. Il y a avait une ambiance extraordinaire et des pelottes de laine partout. Car Raymond leur avait redonné de l’espérance. Cela crochetait et tricotait dans tous les sens.
Dix cm, c’était facile pour celles qui étaient moins adroites. On arrivait toujours à rectifier le tir. L’entreprise devint telle que certaines avaient la mission de rassembler les carrés et de jouer avec les différentes couleurs. La petite graine est devenue un grand arbre au fil des jours, des semaines et des années…
LA PETITE GRAINE EST DEVENUE UN GRAND ARBRE
Combien de couvertures furent envoyées au Cameroun ? Plus de 5000 en quelques années. Quelle entreprise que celle des grands-mères tricoteuses de Pontarlier.
Miracle de l’amour, de la foi et de la joie partagée pour rendre service aux autres.
Miracle jailli de la compassion du cœur de Père Raymond devant la souffrance de ces personnes devenues inactives et de l’Esprit Saint qui poussait à une nouvelle route.
« Il faut oser» disait-il souvent.
Il n’y a pas d’autre récompense que celle de servir dit père Raymond : se donner sans compter et sans récompense que nous savons que nous faisons la volonté de Dieu.
DONNE TON COEUR, DONNE TA MAIN, ON A BESOIN DE TOI

L’homme est fait pour servir disait-il souvent: « Demande lui un service » et il revivra. »
Partout où ils passaient, les frères allumaient le Feu de la Charité. Quel vaste réseau fraternel s’est constitué autour de leurs missions : lépreux, enfants polios, grands handicapés, mal aimées de la rue, réfugiés des camps, rescapés des goulags, enfants trisomiques, prophètes de la vie, de la paix et de la foi. Une merveilleuse famille de charité. Une seule paroisse grande comme le monde.
Père Raymond ne cessait de chanter ce refrain qu’il avait inventé : Donne ta main, donne ton cœur. On a besoin de toi.
Le Seigneur les a envoyés à deux pour nous ré-assembler tous dans le Fils chéri du Père. Et que de merveilles d’amour lorsque nous sommes re-liés les uns aux autres par un seul fil d’Amour, par l’Esprit d’Amour.
