Regarde Jésus sur la Croix. Laisse-toi aimer à la folie.
Père raymond
Un accueil sans jugement
J’ai rencontré les Frères Jaccard en 2016 après le décès de ma maman.
Comme j’avais des tatouages au bras, la sœur qui m’accueillait faisait des commentaires. Le père Raymond a dit : « Jésus aime tous ses enfants comme ils sont avec leurs différences. »
C’était magnifique. Il m’a acceptée tout de suite totalement sans la moindre once de jugement. Cela se voyait. Cela se vivait. Je n’avais jamais vécu cela. Et j’ai ressenti beaucoup d’amour et de tolérance. C’est d’ailleurs ce que j’ai reçu de plus fort chez le Père Raymond. C’est l’amour de Jésus que j’ai ressenti à travers la personne et l’accueil du Père Raymond.
Un tournant dans ma foi
J’y suis souvent retournée puis j’y ai amené mes sœurs, mes neveux.
Ensuite, le pères sont venus chez nous en 2017. Nous étions très touchés. Ils ont rencontré mon papa et nos amis. Je me suis aussi engagée dans les festivals de 2016 et 2017 pour les chrétiens d’Irak.
Le père Raymond m’a fait prendre un virage à 360°degrés par rapport à ma foi. Il m’a vraiment appris l’amour des autres. Il m’a appris à aimer les autres tels qu’ils étaient avec leur vie et leur façon d’être. Simplement et vraiment. Et c’est bien précieux dans ma vie d’aujourd’hui et mes responsabilités professionnelles, d’avoir un regard qui fait grandir l’autre et non de le juger, de le critiquer, de lui barrer la route par nos condamnations.
Le père Raymond embrassait les gens qui venaient. Il ouvrait ses grands bras et nous appelait tous : « Ma petite sœur ou mon petit frère chéri ». On recevait tellement d’amour de Dieu à travers lui.
« Ta seule arme, c’est le chapelet »
Lorsque l’exil des chrétiens a commencé en Irak, je lui ai dit que nous devrons peut-être prendre les armes pour nous défendre. Il m’a répondu : « Pour toi, ta seule arme, c’est le chapelet ». Il priait tout le temps. Dès qu’il avait un espace libre, il se plongeait dans la prière. Intérieurement, on le voyait toujours saisi par Dieu.
Une croix brisée, une vie relevée
Un jour que j’étais vraiment brisée, j’ai compris quelque chose avec la croix mariale qu’il avait. J’en avais trouvée une toute cassée. Et une sœur voulait la jeter. Je voulais cette croix et j’ai proposé qu’elle soit recollée, restaurée car c’était l’image de ma vie. J’ai cette croix chez moi aujourd’hui. Elle est repeinte et toute rafistolée. Elle est magnifique. Encore plus belle qu’avant. C’est ainsi aussi que les frères nous remettaient debout et qu’ils ont remis debout tant de personnes qui étaient par terre. Ils nous mettaient dans le mystère de Jésus et nous faisaient comprendre qu’on y avait une place unique et privilégiée.
Quand le père Raymond disait en riant délicatement et avec tellement de fierté : « Je suis rien du Tout… ».
Apprendre la tolérance et à s’aimer
Maintenant, je suis devenue extrêmement tolérante. Je ne juge plus et j’aime les personnes comme elles sont. C’est le père qui m’a appris cela par sa manière d’être et de vivre. C’est unique et un grand trésor de vie qu’il m’a légué.
Quand je suis venu le voir, je portais des choses très lourdes de ma vie en famille et on ne m’avait pas appris à m’aimer. Vous ne pouvez pas imaginer les fardeaux que j’avais sur le dos et combien j’étais dévastée.
Leur présence, leurs paroles, tout ce que nous avons partagé ensemble fait que maintenant, je m’aime et je sais que Jésus m’aime. Rien qu’avec son sourire et son grand cœur il est capable de guérir l’humanité. Il disait toujours : « Il faut aimer, jamais haïr. Dieu est amour, Dieu est miséricorde, il faut aimer ».
Les frères m’ont aidé à accepter ma vie. Je l’ai acceptée et je ne me plains plus.
Ce fut un énorme pas d’amour pour reprendre pied dans la vie.
S’abandonner et faire confiance
La plus belle chose qu’ils m’ont offerte est l’amour de l’autre. Ne plus vivre dans la colère et la tristesse. Mais garder la ténacité dans la foi et la prière au cœur même des difficultés et des épreuves. Maintenant, quand les choses sont difficiles, je ne m’évertue plus à mettre des choses en place pour les changer. Je ne suis plus un super héros qui va tout régler. J’ai lâché les armes. Je sais que le Seigneur va agir. Ce ne sont plus mes armes, ni mes combats. Ce sont les combats du Seigneur. Père Raymond m’a appris cet abandon. Ils m’ont vraiment appris à m’abandonner et à faire confiance. Car ils étaient cohérents entre tout ce qu’ils disaient et ce qu’ils vivaient.
Il y avait une telle générosité autour de la table. Ils étaient tout amour. À n’importe quelle heure du jour, ils étaient toujours disponibles.
« Cela ira » : l’espérance pour demain
Ils ont changé ma vision de la vie, ma façon de me voir et ma façon d’avancer dans la vie. Souvent, ils répétaient : « En Afrique on dira : « Cela ira ». Donc, quand tout est bouché, je me dis : « Demain, cela ira ».
On a l’espérance pour demain. Ils ont complètement changé ma façon d’être, de me voir et de me projeter dans l’avenir.
Maintenant, j’ai l’espérance. Même s’il y a des coups durs, il y aura demain. Et te dire que ce qui arrive, le Seigneur l’a permis.
Les frères avaient l’amour de Jésus et l’amour de l’autre. Vraiment, je n’ai pas retrouvé des personnes comme eux. Ce sont les plus belles rencontres de ma vie. Ils étaient pleins de Dieu et pleins d’amour.
La Présence réelle et l’amour des petits
Ils m’ont aussi donné de comprendre que dans l’Hostie, c’était réellement la Présence du Christ. Maintenant, je vais à l’adoration tous les dimanches systématiquement. J’ai vraiment compris que c’est vraiment Jésus et pas un mythe. Ils ont donné un plus grand réalisme à ma foi.
Pierre me disait : « Lorsque tu vois un SDF, ne lui balance pas de l’argent. Mais parle-lui à cette personne. Demande-lui son nom. »
Ce que je fais maintenant. Ils m’ont donné l’amour des pauvres et des petits.
Vivre l’Évangile au quotidien
Avant, je ne lisais pas l’Évangile. Et, maintenant, je le lis chaque jour. Le père Pierre me disait : Tu ne peux pas te dire croyant si tu ne lis pas l’Évangile.»
Avec eux, c’était une certaine manière de lire les évangiles. Il s’agissait non seulement de le lire, d’en parler mais surtout de le vivre. Avant de partir au travail, cela oriente ma journée et ma vie, mes choix. Ils m’ont transmis une clé de lecture. Et cela me fait réfléchir sur ma manière d’être chrétienne.
Ils m’ont aussi appris à être attentive aux petits événements de ma vie. Comme un émerveillement pour y voir Dieu. Avant, je ne le voyais pas.
Des chapelets faits main
Nous avons aussi passé des journées entières à confectionner des chapelets. Le père avait inventé une machine avec un moteur pour percer une à une les perles plastic de couleur pour les chapelets missionnaires.
C’était extraordinaire de voir le père percer une à une les petites perles qui serviraient à faire les chapelets que nous venions confectionner chaque semaine avec une amie.
Les pères étaient vraiment des ouvriers du Seigneur depuis sa création jusqu’à la fin, jusqu’à la prière, jusqu’à l’abandon. Mon Dieu, mon Dieu….
Quelle humilité ! Des chapelets confectionnés avec beaucoup de patience qu’ils vendaient à 3 euros… pour leurs missions.
Prier pour ceux qui nous agacent
Mon papa avait une foi chevillée au corps. Il est rempli de charité et de foi. Mais la relation était parfois douloureuse entre nous. Père Raymond m’avait dit : « Prie pour ton papa, pour les gens qui t’agacent et laisse faire le Seigneur ». Il me faisait comprendre que les gens font les choses parfois en toute conscience et qu’on ne sait pas ce qu’il y a dans le cœur des autres même si on ne comprend pas… On ne pense qu’avec notre petit esprit humain et on peut voir les choses de manière un peu limitées.
Il a élargi mon regard et m’a appris à ne pas me fermer.
Des grâces reçues en famille
Mon neveu avait un cancer pour ses 18 ans. Les frères nous avaient déjà quitté. On a prié comme des fous et on a confié la guérison aux frères. Aujourd’hui, il est complètement guéri et construit sa vie. Quand tu es impuissant, les frères nous ont appris à nous abandonner et à prier.
Mon 4è neveu est sans doute en vie grâce aux frères. Et le lendemain de l’enciellement de père Pierre, il était baptisé par le père Raymond le 28 juillet 2018. Il a reçu dans ses prénoms Pierre-Raymond Marie. C’est un ange. C’est un soleil.
Ma sœur Bénédicte est allée voir père Pierre car elle souffrait de ne pas avoir d’enfants. Il lui a parlé de la petite Thérèse de l’Enfant Jésus et lui a dit : « Je vais la prier. » Afin qu’elle fasse tomber une pluie de bénédictions pour ma sœur et mon beau-frère.. Une petite fille est arrivée. Bénédicte et Laurent ont adopté une petite fille le 1er octobre immédiatement après le décès du père Pierre.




