Paul Claudel 1868-1955

DEUX « FIORETTI » DE NOËL …

Le 25 décembre 1886,  Paul Claudel se rendit à Notre-Dame de Paris …et c’est alors dit-il « que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus.(…) J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable.(…)  » (extrait de « Ma conversion »-1913)

 

Et  dans son « Histoire d’une âme » la petite Thérèse de Lisieux raconte comment elle-même fut  « convertie »

Thérèse enfant

en ce même jour de Noël 1886 :

 » Ce fut le 25 décembre 1886 que je reçus la grâce de sortir de l’enfance, en un mot la grâce de ma complète conversion. Nous revenions de la messe de minuit où j’avais eu le bonheur de recevoir le Dieu fort et puissant. (Ps 24,8) En arrivant aux Buissonnets je me réjouissais d’aller prendre mes souliers dans la cheminée, cet antique usage nous avait causé tant de joie pendant notre enfance que Céline voulait continuer à me traiter comme un bébé puisque j’étais la plus petite de la famille… (…) mais Jésus voulant me montrer que je devais me défaire des défauts de l’enfance m’en retira aussi les innocentes joies ; il permit que Papa, fatigué de la messe de minuit, éprouvât de l’ennui en voyant mes souliers dans la cheminée et qu’il dît ces paroles qui me percèrent le cœur :  » Enfin, heureusement que c’est la dernière année !…  » Je montais alors l’escalier pour aller défaire mon chapeau, Céline connaissant ma sensibilité et voyant des larmes briller dans mes yeux eut aussi bien envie d’en verser, car elle m’aimait beaucoup et comprenait mon chagrin :  » O Thérèse ! me dit-elle, ne descends pas, cela te ferait trop de peine de regarder tout de suite dans tes souliers. 

Mais Thérèse n’était plus la même, Jésus avait changé son cœur ! »