Les Frères Jaccard : une charité sans limites

Frères Jaccard au Liban

Les Frères Jaccard en mission au LIBAN

Les Frères Pierre et Raymond JACCARD sont deux prêtres de l’Eglise catholique, frères de sang, nés tous deux (1927 et 1931) à Villers le Lac (France) à la frontière franco-suisse….

Ils furent tous deux ordonnés prêtres à Besançon : Pierre en 1953 et Raymond en 1958.

Frère Pierre

Père Pierre en habit des Petits Frères de Jésus.
En face de lui : ses parents.

…. D’une fratrie de quatre garçons (Léon  et Xavier – jumeau du Père Raymond – sont aujourd’hui décédés), leur père, Ernest JACCARD dirigeait une usine de fabrication horlogère, leur mère Simone (née Cuenot) était devenue très jeune infirme d’une jambe. Ils furent tous deux ordonnés prêtres à Besançon : Pierre en 1956 Raymond en 1958.

En 1959, après trois années passées en paroisse à Audincourt (Doubs), le Père Pierre partait vivre avec les petits frères de Charles de Foucauld au désert d’abord, puis en France, en Algérie, en Belgique et en Espagne.

Il partageait la vie des plus pauvres. Puis, en 1971 il rejoignait son frère Raymond au Cameroun.

Père Raymond à son arrivée à léproserie de La Dibamba, au Cameroun, en 196

En effet, après 10 ans en paroisse à Besançon, Raymond avait rejoint Douala, où il avait été appelé comme aumônier de la léproserie. Constatant l’inefficacité des soins alors habituellement prodigués aux lépreux, il en était arrivé à la certitude qu’il fallait opérer ces malades si l’on voulait les remettre debout (au sens propre comme au sens figuré) et les guérir définitivement de l’ostéite qui rongeait leurs membres. Raymond, fut initié à la chirurgie d’exérèse(= intervention chirurgicale consistant à retirer un élément nuisible à l’organisme : en l’occurrence amputation d’un membre ou d’une partie de membre pourri) par un ami chirurgien. Pierre, quant à lui, se forma à la fabrication de prothèses afin de faire équipe avec son frère.

Raymond à gauche, Pierre à droite entourant un de leurs premiers opérés. En 1971.

La Couverture du livre technique de chirurgie et d’appareillage des lépreux.

Enfants du pays de Franche-Comté, fils d’un artisan horloger du Haut Doubs (inventeur des pendules Jaccard ), leur ingéniosité congénitale – doublée de leur grande habileté – allaient leur permettre d’innover et de fabriquer des appareillages bon marché et efficaces parce que fabriqués dans des matières premières trouvées sur place et évolutifs (les moignons des malades sont eux-mêmes évolutifs !). Ils feront plusieurs recueils de ces techniques des prothèses Jaccard, techniques rodées par leurs soins à l’attention des équipes qu’ils ne manqueront pas de laisser sur place partout où ils passeront. Ce sont eux qui ont formé le Docteur Jean-Baptiste Richardier en Thaïlande au début des années 80. C’est lui qui fondera l’ONG Handicap International, dont il est encore président.

Prothèse Jaccard – type

Le Père Raymond à l’œuvre en salle d’opération

 L’évêque de Yaoundé (Cameroun), Monseigneur Zoa suivait attentivement le travail des deux Frères . Bientôt il les rattacha à la grande léproserie de Yaoundé (Cameroun), joliment nommée « le dépotoir » … Lorsqu’ils eurent formé une équipe capable de les remplacer dans leur travail auprès des lépreux et des petits enfants polios, Monseigneur Zoa décida de les envoyer en tant que prêtres « Fidei Donum » (c’est-à-dire prêtés par un évêque à un autre diocèse) à travers le monde, là où l’on avait besoin de leurs services. C’est ainsi que les Frères Jaccard se rendront dans de nombreux pays du monde pour former des chirurgiens et des prothésistes, dans des léproseries, camps de réfugiés ou après des cataclysmes qui laissaient de nombreux amputés. Ils étaient appelés par des évêques, congrégations religieuses, voire par les services de Santé de certains gouvernements (comme au Vietnam où ils se rendront trois fois). C’est ainsi que les appels se multiplieront en Afrique d’abord, ensuite en Inde avec Mère Teresa puis dans le monde entier. En 40 années missionnaires, ils ne feront ainsi pas moins de 183 missions au longs cours. Ce qui leur valut le surnom de « globe-trotters de la charité« .

De la lèpre physique à la lèpre morale…

Vue d’un atelier des Sœurs Adoratrices de Colombie

Apprentissage de la couture : une planche de salut

Au fil des années, les Frères furent confrontés à d’autres formes de handicaps et de pauvretés. Appelés en Colombie auprès des lépreux, il font la connaissance des Religieuses Adoratrices de Colombie …. et par là même du monde de la prostitution dont ces Sœurs – par vocation d’Eglise – s’occupent. Les Sœurs forment ces jeunes filles et femmes de la rue à des métiers qui leur font retrouver leur dignité de Femme. Couture, broderie, coiffure… Autant de métiers dont l’apprentissage leur permet de sortir de l’enfer de la rue.

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Après 35 ans de travail auprès des femmes de la rue…

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images de l’usine Santa Maria Micaela pour leur réinsertion.

La Vie Missionnaire des Frères Jaccard continue …. autrement.

Les Pères aujourd’hui.

Âgés désormais de 85 et 81 ans (en 2013), les Frères ont dû renoncer à leurs voyages aux longs cours : santé oblige !

….. mais ils ne renoncent pas pour autant à leur vie missionnaire qui a pris une autre orientation. Les Frères Jaccard sont maintenant aumôniers de deux couvents de Sœurs contemplatives : les Soeurs de Bethléhem et de Saint Bruno ; Pierre au Monastère de la GLOIRE DIEU aux Montsvoirons (74) et Raymond au Monastère de l’UNITE à Pugny-Chatenod (73).

La mission se poursuit aussi avec le P.A.S

Autour des Frères Jaccard s’est constitué un vaste réseau d’amis qu’ils ont toujours eu à cœur de sensibiliser à la détresse des plus défavorisés. Grâce à l’aide à la fois matérielle et spirituelle de leurs amis, les Frères continuent leur œuvre caritative. Leurs amis se sont officiellement regroupés depuis 1991 dans une Association : un P.A.S. avec les Frères Jaccard. Elle continue d’aider les jeunes femmes du monde de la prostitution en Colombie par le biais des Religieuses Adoratrices et des Lépreux de Chine par le biais de l’Organisme CASA RICCI SOCIAL SERVICES fondé par le Père Luis RUIZ (décédé en 2011).

Photo prise lors d’un « Festival de l’Espérance des Frères Jaccard » à Besançon.
En 1991, cette grande manifestation missionnaire réunira plus de 4000 amis des Frères au Palais des Sports prêté par la Municipalité.

« L’ideal du prêtre est de créer des liens pour établir le peuple de Dieu « 

Jean-Paul II