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Bon dimanche 28 juin avec le commentaire de l’Evangile du jour par Père Raymond.

Avec le Centurion

On est de plus en plus bouleversé, émerveillé devant l’attitude de Jésus qui nous aime et qui va chercher ceux qui sont les plus faibles, les malades, les pauvres. Il a le pouvoir de chasser les démons pour les remettre debout et leur donner le Royaume de Dieu.

Il écoute même un païen qui aime son serviteur qu’il considère comme son enfant et qui prie pour lui parce qu’il est malade. La réponse de Jésus :  « Je vais le guérir », alors qu’il est loin de lui.

Jésus dit : « Va, ton serviteur vit ! »

Comme Jésus a écouté la souffrance du peuple d’Israël quand il a proposé à Marie d’être la Mère de Jésus pour guérir son peuple, ce centurion romain se sent aimé par Jésus qui est venu pour aimer et sauver tous les hommes.

Avec la belle mère de Simon

C’est Jésus lui-même qui vient prendre la main de cette malade pour l’aider à se remettre debout, la sortir de la fièvre pour les servir. Comme Marie à l’Annonciation pour servir.

Laissez Jésus agir où il est et restez pauvre avec Lui. Laissez Dieu être Dieu.

Quand il sort de la maison

Quand il sort de la maison, il est environné de démons qui veulent l’empêcher de travailler et guérit  tous ces pauvres qui viennent pour être soulagés de porter une si lourde charge, ensorcelés par le démon qui ne les laisse pas en paix.

Il s’attaque à la cause même de la maladie en chassant les démons.

Laissez Dieu être Dieu cela veut dire que RIEN N’EST IMPOSSIBLE A DIEU. TOUT EST POSSIBLE A DIEU.

Exemple : Marie à l’Annonciation.

Le monde a été transformé par Jésus qui a sauvé les hommes de leur orgueil, de leur égoïsme.

Notre force est dans l’ESPRIT-SAINT ET MARIE.

Je vous bénis.

Père Raymond Marie JACCARD

Au moment où « une petite puce » vient couvrir la planète, nous sommes tous effrayés et nous rentrons chacun dans le silence de nos maisons sans plus de relation. Mais au moment où JESUS enverra l’Esprit-Saint aux Apôtres, c’est un cri de joie qui se manifeste dans toutes les langues. JESUS avait demandé aux apôtres de rester à Jérusalem en prière et leur avait promis de leur envoyer la force d’en Haut.

Ce jour-là, l’Esprit saint s’est manifesté sous la forme de langue de feu à chacun des apôtres pour qu’ils puissent parler en d’autres langues que la leur afin que tout le monde les comprenne.

C’est un langage qui n’est pas une confusion mais une diffusion d’amour, une parole de vérité parce qu’elle vient « du dedans ».

Jésus va souvent prier le Père et Il vient nous dire cette Parole de vérité que le Père lui a dite.

Nous la recevons dans la foi.

C’est la joie, la paix et le désir de connaitre encore plus l’Esprit-Saint. IL agit en nous, dans l’Eglise.

Il se manifeste expressément par le sacrement de confirmation.

Cet Esprit qui est descendu en Marie et a déposé en Elle : Jésus le Fils de Dieu.

N’ayons pas peur de prier. L’Esprit dépose aussi en nous la Parole de vérité et nous rend témoins de la miséricorde de notre Papa du ciel.

Belle fête de Pentecôte !

Que ce jour nous fasse sortir de nous pour proclamer la Vérité et la bonne nouvelle de JESUS : Il est ressuscité !

Alleluia. Soyons en les témoins !

Père Raymond-Marie Jaccard

Même si, comme dit Père Raymond les voyages forment la jeunesse et fatiguent la vieillesse, Père Raymond a terminé son confinement par une escale dans la Drôme dans une maison prêtée par des amis, tout près de l’Abbaye Notre Dame de TRIORS.

Il y est pour quelques temps encore.

Il nous dit :

Toute notre vie, tout ce qu’on a fait c’était de l’imprévu. Et encore aujourd’hui avec la rencontre de ce médecin de Nice qui m’a guéri de ces névralgies faciales dont je souffrais depuis dix ans même la nuit.

Ce sont des signes de la Providence.

Comptez sur la Providence.

Ce temps de confinement nous a fait découvrir qu’on ne peut pas tout programmer, tout contrôler.

Je vous bénis.

Père Raymond Marie Jaccard.

Brin de prière pour Marie

Lettre du Saint-Père à tous les fidèles

pour le mois de mai 2020

Chers frères et sœurs,

Le mois de mai est maintenant proche, un mois au cours duquel le peuple de Dieu exprime avec une intensité particulière son amour et sa dévotion à la Vierge Marie. Il est de tradition, durant ce mois, de prier le chapelet à la maison, en famille. Une dimension, la dimension domestique, que les restrictions de la pandémie nous ont « forcés » à valoriser, également du point de vue spirituel.

C’est pourquoi j’ai pensé à proposer à chacun de redécouvrir la beauté de la prière du chapelet chez soi au mois de mai. Vous pouvez le faire ensemble, ou personnellement ; choisissez vous-mêmes, en fonction de la situation, en considérant les deux possibilités. Mais dans chaque cas, il y a un secret pour le faire : la simplicité ; et il est facile de trouver, même sur Internet, de bons modèles de prière à suivre.

Je vous offre également les textes de deux prières à la Sainte Vierge, que vous pouvez réciter à la fin du Rosaire, et que je réciterai moi-même au mois de mai, spirituellement uni à vous. Je les joins à cette lettre afin qu’ils soient mis à la disposition de tous.

Chers frères et sœurs, contempler ensemble le visage du Christ avec le cœur de Marie, notre Mère, nous rendra encore plus unis en tant que famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve. Je prierai pour vous, surtout pour les plus souffrants, et vous, s’il vous plaît, priez pour moi. Je vous remercie et de tout mon cœur je vous bénis.

Rome, Saint Jean de Latran, 25 avril 2020.

La première prière proposée par le Pape François

Ô Marie,
Tu brilles toujours sur notre chemin comme un signe de salut et d’espoir.

Nous nous confions à toi, Santé des malades, qui auprès de la Croix, a été associée à la douleur de Jésus, en restant ferme dans la foi.

Toi, Salut du peuple romain, tu sais de quoi nous avons besoin et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras pour que, comme à Cana de Galilée, la joie et la fête reviennent après cette épreuve.

Aide-nous, Mère de l’amour divin, à nous conformer à la volonté du Père et à faire ce que nous dira Jésus, qui a pris sur lui nos souffrances et s’est chargé de nos douleurs pour nous conduire à travers la Croix, à la joie de la résurrection. Amen.

Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers délivre-nous toujours, Vierge glorieuse et bénie.

La seconde prière proposée par le Pape François

«Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.»

Dans la situation dramatique actuelle, chargée de souffrances et d’angoisses qui tourmentent le monde entier, nous avons recours à Toi, Mère de Dieu et notre Mère, et nous cherchons refuge sous Ta protection.

Ô Vierge Marie, tourne vers nous tes yeux miséricordieux en cette pandémie de coronavirus, et réconforte tous ceux qui sont perdus et pleurent leurs proches décédés, parfois enterrés d’une manière qui blesse l’âme. Soutiens ceux qui sont inquiets pour les personnes malades auprès desquelles ils ne peuvent se rendre, pour éviter la contagion. Inspire confiance à ceux qui sont dans l’angoisse en raison d’un avenir incertain et des conséquences pour l’économie et le travail.

Mère de Dieu et notre Mère, implore pour nous de la part de Dieu, Père de miséricorde, que cette dure épreuve se termine et qu’un horizon d’espoir et de paix revienne. Comme à Cana, interviens auprès de ton Divin Fils, en lui demandant de réconforter les familles des malades et des victimes, et d’ouvrir leur cœur à la confiance.

Protège les médecins, les infirmières, les travailleurs de la santé, les bénévoles qui, en cette période d’urgence, sont en première ligne et mettent leur vie en danger pour sauver d’autres vies. Accompagne leurs efforts héroïques et donne leur force, bonté et santé.

Sois proche de ceux qui s’occupent jour et nuit des malades, et des prêtres qui, avec une sollicitude pastorale et un engagement évangélique, cherchent à aider et à soutenir chacun.

Vierge Sainte, éclaire l’esprit des hommes et des femmes de science, afin qu’ils trouvent les solutions justes pour vaincre ce virus.

Aide les dirigeants des nations afin qu’ils puissent travailler avec sagesse, sollicitude et générosité, en aidant ceux qui manquent du nécessaire pour vivre, en planifiant des solutions sociales et économiques avec prévoyance et dans un esprit de solidarité.

Très Sainte Marie, touche les consciences afin que les sommes énormes utilisées pour augmenter et perfectionner les armements soient plutôt utilisées pour promouvoir des études appropriées afin d’éviter des catastrophes similaires à l’avenir.

Mère bien-aimée, fais naître dans le monde un sentiment d’appartenance à une grande famille, dans la conscience du lien qui unit tous les hommes, afin qu’avec un esprit fraternel et solidaire nous venions en aide aux nombreuses pauvretés et situations de misère. Encourage la fermeté dans la foi, la persévérance dans le service, la constance dans la prière.

O Marie, consolatrice des affligés, embrasse tous tes enfants dans la tribulation et obtiens que Dieu intervienne de sa main toute-puissante pour nous libérer de cette terrible épidémie, afin que la vie puisse reprendre son cours normal dans la sérénité.

Nous nous confions à Toi, qui brille sur notre chemin comme un signe de salut et d’espérance, ô miséricordieuse, ô pieuse, ô douce Vierge Marie.

Amen.

Source : VaticanNews

Pique-nique dans la voiture sur la Croisette, avant de repartir dans la Drôme pour poursuivre le confinement.

Si tu veux savoir où est Jésus, va vers Marie. Tu veux savoir où est Marie, prends le chemin de Jésus à la Croix.

Qu’est-ce que t’apprend la Croix ?

C’est un brasier d’Amour.

Jésus a donné toute sa vie, son corps et son sang que tu retrouves dans l’Eucharistie.

TOUT EST LA.

Tu ne peux pas communier : c’est ce qui arrive aujourd’hui.

Sache que Jésus est dans ton cœur et adore-le.

Dis-lui « je t’aime », dis-lui « Merci ».

Pense à tous les autres.

Adore-le dans ton cœur. Là est la source de ta joie, de ton amour, des services que tu rends, de ta patience en ces temps de confinement.

Prie Jésus, Prie Marie qui est là et qui t’aime.

BON MOIS DE MARIE.

Avec toute mon amitié chers amis.

Père Raymond Marie.

Après l’intervention devant le guérir des névralgies faciales dont il souffre tant, voici la photo reçue à l’instant et le poème d’un ami.

Lorsque tu souris

Lorsque tu souris, mon Padre,

Un arc-en-ciel s’étend sur mon cœur,

Les étoiles jouent avec les anges,

Et la Lumière scintille

Dans chaque recoin de mon âme.

Lorsque tu souris, mon Padre,

C’est le monde qui brille à chaque instant.

Le vent souffle une douce mélodie ;

Priez… Priez…

Priez encore mes enfants !

Lorsque tu souris, mon Padre,

C’est le miracle sur terre ;

Un bout de toi

Qui danse avec l’univers :

Priez !

Lorsque tu souris, mon Padre,

C’est le paradis qui s’éveille en nous.

La porte de l’éternité s’entrouvre

Laissant apparaître

Les couleurs de l’espérance…

Priez !

Lorsque tu souris, mon Padre,

C’est aussi simple que ça ;

De la vie versée dans nos poumons,

L’éclat de tes émotions

Qui remplit nos silences,

Ta gloire qui vient bercer

Nos prières.

Pascal Barthélémy

SUR LES RIVAGES

Tu es parti chercher le calme

Sur les rivages de ton âme

Un peu de Méditerranée

Et puis, un peu à méditer —

Les flots clapotent leur azur

Sur la plage encore endormie

Éclaboussant quelques blessures.

Entre des vagues d’accalmie.

La vie est un sacré voyage

Avec son paquet de questions.

Une Bible dans les bagages.

Des prières, des émotions.

Un chapelet autour du cou :

C’est une corde de rappel

Qui nous relie les uns à Tout !

Le Tout-Puissant qui nous appelle…

Tu plies ton aube du matin

Devant l’autel du Saint-Esprit.

Tu pries à genoux dans tes mains

Pour sauver ceux qui sont honnis.

La vie est un sacré voyage.

Tu es parti sur les rivages

Contempler quelques grains de sable ;

C’est nous, les pauvres misérables !

À fleur de peau, qu’on abandonne…

Toi tu viens avec la Madone

Nous récupérer dans le vent,

Nous délivrer de nos tourments.

Ta vie est un sacré voyage

De tous les jours, de tous les âges

Tu respires la Grande Bleue,

Ce voile ondulé de Marie,

Flottant sous les rayons de Dieu…

Dans ce vaste horizon tu pries.

Pugny-Châtenod le 20 avril 2020.

Pascal Barthélémy

Père Raymond, toujours en confinement dans le sud de la France invite tous ses amis à lire cet article du Cardinal SARAH.

Il vous reste proche.

Cardinal Sarah : “Cette épidémie disperse la fumée de l’illusion”

VALEURS ACTUELLES

13/04/2020

 Alors que le monde entier est percuté par le coronavirus, le cardinal Robert Sarah, confiné au Vatican, analyse les ressorts de cette crise absolument inédite. 

Que vous inspire la crise du coronavirus ?

Ce virus a agi comme un révélateur. En quelques semaines, la grande illusion d’un monde matérialiste qui se croyait tout-puissant semble s’être effondrée. Il y a quelques jours, les politiciens nous parlaient de croissance, de retraites, de réduction du chômage. Ils étaient sûrs d’eux. Et voilà qu’un virus, un virus microscopique, a mis à genoux ce monde qui se regardait, qui se contemplait lui-même, ivre d’autosatisfaction parce qu’il se croyait invulnérable.

La crise actuelle est une parabole. Elle révèle combien tout ce en quoi on nous invitait à croire était inconsistant, fragile et vide. On nous disait : vous pourrez consommer sans limites ! Mais l’économie s’est effondrée et les Bourses dévissent. Les faillites sont partout. On nous promettait de repousser toujours plus loin les limites de la nature humaine par une science triomphante. On nous parlait de PMA, de GPA, de transhumanisme, d’humanité augmentée. On nous vantait un homme de synthèse et une humanité que les biotechnologies rendraient invincible et immortelle. Mais nous voilà affolés, confinés par un virus dont on ne sait presque rien. L’“épidémie” était un mot dépassé, médiéval. Il est soudain devenu notre quotidien.

Je crois que cette épidémie a dispersé la fumée de l’illusion. L’homme soi-disant tout-puissant apparaît dans sa réalité crue. Le voilà nu. Sa faiblesse et sa vulnérabilité sont criantes. Le fait d’être confinés à la maison nous permettra, je l’espère, de nous tourner de nouveau vers les choses essentielles, de redécouvrir l’importance de nos rapports avec Dieu, et donc la centralité de la prière dans l’existence humaine. Et, dans la conscience de notre fragilité, de nous confier à Dieu et à sa miséricorde paternelle.

Est-ce une crise de civilisation ?

J’ai souvent répété, en particulier dans mon dernier livre, Le soir approche et déjà le jour baisse, que la grande erreur de l’homme moderne était de refuser de dépendre. Le moderne se veut radicalement indépendant. Il ne veut pas dépendre des lois de la nature. Il refuse de se faire dépendant des autres en s’engageant par des liens définitifs comme le mariage. Il considère comme humiliant de dépendre de Dieu. Il s’imagine ne rien devoir à personne. Refuser de s’inscrire dans un réseau de dépendance, d’héritage et de filiation nous condamne à entrer nus dans la jungle de la concurrence d’une économie laissée à elle-même.

Mais tout cela n’est qu’illusion. L’expérience du confinement a permis à beaucoup de redécouvrir que nous dépendons réellement et concrètement les uns des autres. Quand tout s’effondre, seuls demeurent les liens du mariage, de la famille, de l’amitié. Nous avons redécouvert que, membres d’une nation, nous sommes liés par des liens invisibles mais réels. Nous avons surtout redécouvert que nous dépendons de Dieu.

Parleriez-vous de crise spirituelle ?

Avez-vous remarqué la vague de silence qui a déferlé sur l’Europe ? Brusquement, en quelques heures, même nos villes bruyantes se sont apaisées. Nos rues souvent grouillantes de monde et de machines sont aujourd’hui désertes, silencieuses. Beaucoup se sont retrouvés seuls, en silence, dans des appartements qui sont devenus comme autant d’ermitages ou de cellules monacales.

Quel paradoxe ! Il aura fallu un virus pour que nous nous taisions. Et tout d’un coup nous avons pris conscience que notre vie était fragile. Nous avons réalisé que la mort n’était pas loin. Nos yeux se sont ouverts. Ce qui nous préoccupait : nos économies, nos vacances, les polémiques médiatiques, tout cela nous est apparu secondaire et vain. La question de la vie éternelle ne peut manquer de se poser quand on nous annonce tous les jours un grand nombre de contagions et de décès. Certains paniquent. Ils ont peur. D’autres refusent de voir l’évidence. Ils se disent : c’est un mauvais moment à passer. Tout recommencera comme avant.

Le temps est fini des fausses pudeurs et des hésitations pusillanimes.

Et si, tout simplement, dans ce silence, cette solitude, ce confinement, nous osions prier ? Si nous osions transformer notre famille et notre maison en église domestique. Une église est un lieu sacré qui nous rappelle qu’en cette maison de prière tout doit être vécu en cherchant à orienter toute chose et tout choix vers la Gloire de Dieu. Et si, tout simplement, nous osions accepter notre finitude, nos limites, notre faiblesse de créature ?

J’ose vous inviter à vous tourner vers Dieu, vers le Créateur, vers le Sauveur. Lorsque la mort est si massivement présente, je vous invite à vous poser la question : la mort est-elle vraiment la fin de tout ? ou bien n’est-elle pas un passage, douloureux certes, mais qui débouche sur la vie ? C’est pour cela que le Christ ressuscité est notre grande espérance. « Regardons vers Lui. Attachons-nous à Lui. Il est la Résurrection et la Vie. Qui croit en Lui, même s’il meurt, vivra, et quiconque vit et croit en Lui ne mourra jamais » (Jn 11,25-26). Ne sommes-nous pas comme Job dans la Bible ? Appauvris de tout, les mains vides, le cœur inquiet : que nous reste-t-il ? La colère contre Dieu est absurde. Il nous reste l’adoration, la confiance et la contemplation du mystère.

Si nous refusons de croire que nous sommes le fruit d’un vouloir amoureux de Dieu tout-puissant, alors tout cela est trop dur, alors tout cela n’a pas de sens. Comment vivre dans un monde où un virus frappe au hasard et fauche des innocents ? Il n’y a qu’une réponse : la certitude que Dieu est amour et qu’il n’est pas indifférent à notre souffrance. Notre vulnérabilité ouvre notre cœur à Dieu et elle incline Dieu à nous faire miséricorde. Je crois qu’il est temps d’oser ces mots de foi. Le temps est fini des fausses pudeurs et des hésitations pusillanimes. Le monde attend de l’Église une parole forte, la seule parole qui donne l’Espérance et la confiance, la parole de la foi en Dieu, la parole que Jésus nous a confiée.

Que doivent faire les prêtres dans cette situation ?

Le pape a été très clair. Les prêtres doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour demeurer proches des fidèles. Ils doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assister les mourants, sans compliquer la tâche des soignants et des autorités civiles. Mais personne n’a le droit de priver un malade ou un mourant de l’assistance spirituelle d’un prêtre. C’est un droit absolu et inaliénable. En Italie, le clergé a déjà payé un lourd tribut. Soixante-quinze prêtres sont morts en portant assistance aux malades.

Mais je crois aussi que de nombreux prêtres redécouvrent leur vocation à la prière et à l’intercession au nom du peuple entier. Le prêtre est fait pour se tenir constamment devant Dieu pour l’adorer, le glorifier et le servir. Ainsi, dans les pays confinés, les prêtres se retrouvent dans la situation inaugurée par Benoît XVI. Ils apprennent à passer leurs journées dans la prière, la solitude et le silence offerts pour le salut des hommes. S’ils ne peuvent physiquement tenir la main de chaque mourant comme ils le voudraient, ils découvrent que, dans l’adoration, ils peuvent intercéder pour chacun.

J’aimerais que les malades, les personnes isolées et en détresse ressentent cette présence sacerdotale mystérieuse. En ces jours terribles, personne n’est seul, personne n’est abandonné. Auprès de chacun, le Bon Pasteur veille. Au nom de chacun, l’Église veille et intercède comme une mère. Les prêtres peuvent redécouvrir leur paternité spirituelle à travers la prière continuelle. Ils redécouvrent leur identité profonde : ils ne sont pas d’abord des animateurs de réunions ou de communautés, mais des hommes de Dieu, des hommes de prière, des adorateurs de la Majesté de Dieu et des contemplatifs.

Par la messe, le prêtre touche le monde entier.

Parfois, à cause du confinement, ils célèbrent la messe dans la solitude. Ils mesurent alors l’immense grandeur du sacrifice eucharistique qui n’a pas besoin d’une assistance nombreuse pour produire ses fruits. Par la messe, le prêtre touche le monde entier. Comme Moïse et comme Jésus lui-même, les prêtres redécouvrent la puissance de leur intercession, leur fonction de médiateur entre Dieu et l’homme. Certes, en célébrant l’eucharistie, ils n’ont plus le peuple de Dieu devant eux. Alors, qu’ils tournent leur regard vers l’Orient. Car « c’est de l’orient que vient la propitiation». C’est de là que vient l’homme dont le nom est Orient, qui est devenu médiateur entre Dieu et les hommes. Par là, vous êtes donc invités à toujours regarder vers l’orient, « où se lève pour vous le Soleil de justice, où la lumière apparaît toujours pour vous », nous dit Origène dans une homélie sur le Lévitique. Il faudra se souvenir de tout cela après la crise pour ne pas retomber dans une vaine agitation.

Et les fidèles ?

Les chrétiens aussi expérimentent très concrètement la communion des saints, ce lien mystérieux qui unit tous les baptisés dans la prière silencieuse et le face-à-face avec Dieu. Il est important de redécouvrir combien peut être précieuse l’habitude de lire la Parole de Dieu, de réciter le chapelet en famille et de consacrer du temps à Dieu, dans une attitude de don de soi, d’écoute et d’adoration silencieuse.

Habituellement, on évalue l’utilité d’une personne à son influence, sa capacité d’action voire d’agitation. Tout d’un coup, nous voilà tous remis à égalité. Nous voudrions être utiles, servir à quelque chose. Mais nous ne pouvons que prier, nous encourager mutuellement, nous supporter les uns les autres. Il est temps de redécouvrir la prière personnelle. Il est temps de réentendre Jésus nous dire : « Quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 6,6).

Il est l’heure de redécouvrir la prière en famille. Il est l’heure, pour les pères de famille, d’apprendre à bénir leurs enfants. Les chrétiens, privés de l’eucharistie, mesurent combien la communion était une grâce pour eux. Je les encourage à pratiquer l’adoration depuis chez eux, car il n’y a pas de vie chrétienne sans vie sacramentelle. Au milieu de nos villes et de nos villages, le Seigneur demeure présent. Parfois aussi l’héroïsme est demandé aux chrétiens : quand les hôpitaux demandent des volontaires, quand il faut s’occuper des personnes isolées ou à la rue.

Qu’est-ce qui doit changer ?

Certains disent : plus rien ne sera comme avant. Je l’espère. Mais je crains plutôt que tout ne recommence comme avant car, tant que l’homme ne revient pas à Dieu de tout son cœur, sa marche vers le gouffre est inéluctable. Nous mesurons en tout cas combien le consumérisme mondialisé a isolé les individus et les a réduits à l’état de consommateurs livrés à la jungle du marché et de la finance. La mondialisation, qu’on nous avait promise heureuse, s’est révélée un leurre. Dans les épreuves, les nations et les familles font corps. Mais les coalitions d’intérêts se débandent.

On voit ressurgir des cœurs l’esprit de don de soi et de sacrifice.

La crise actuelle démontre qu’une société ne peut être fondée sur des liens économiques. Nous prenons conscience de nouveau d’être une nation, avec ses frontières, que nous pouvons ouvrir ou fermer pour la défense, la protection et la sécurité de nos populations. Au fondement de la vie de la Cité, on trouve des liens qui nous précèdent : ceux de la famille et de la solidarité nationale. Il est beau de les voir ressurgir aujourd’hui. Il est beau de voir les plus jeunes prendre soin des anciens. Il y a quelques mois, on parlait d’euthanasie et certains voulaient se débarrasser des grands malades et des handicapés. Aujourd’hui, les nations se mobilisent pour protéger les personnes âgées.

On voit ressurgir des cœurs l’esprit de don de soi et de sacrifice. On a l’impression que la pression médiatique nous avait contraints à cacher la meilleure part de nous-mêmes. On nous avait appris à admirer les “gagnants”, les “loups”, ceux qui réussissaient, quitte à écraser les autres au passage. Voilà que soudain on admire et applaudit avec respect et gratitude les aides-soignantes, les infirmières, les médecins, les volontaires et les héros du quotidien. Tout d’un coup, on ose acclamer ceux qui servent les plus faibles. Notre temps avait soif de héros et de saints, mais il le cachait et en avait honte.

Serons-nous capables de garder cette échelle de valeurs ? Serons-nous capables de refonder nos cités sur autre chose que la croissance, la consommation et la course à l’argent ? Je crois que nous serions coupables si, au sortir de cette crise, nous replongions dans les mêmes erreurs. Cette crise démontre que la question de Dieu n’est pas seulement une question de conviction privée, elle interroge le fondement de notre civilisation. 

Jésus nous a donné la vie par sa mort. Avançons dans sa résurrection.

Les péchés, ils les a tous enlevés ! Pardonnons. Ne regardons plus nos fautes.

Il nous demande simplement de nous laisser humblement aimer par lui et de l’aimer.

Nous venons de regarder le chemin de Croix avec le Saint Père à Rome, hier soir, chemin de Croix médité par des prisonniers ou personnes touchées ou reliées par le monde carcéral.

Il y en a un qui m’a beaucoup marqué c’est le témoignage d’un gardien de prison qui disait : « Je m’efforce de toujours regarder l’Esprit Saint qui est au fond de leur cœur et qui apporte la lumière, pour redonner l’espérance« .

C’est bien cette espérance que Jésus nous apporte en permanence.

Confiez-vous bien à Maman Marie. Priez-là beaucoup. Elle est toujours là avec Jésus. Elle ne nous a pas abandonnés.

Dans cette joie de la résurrection de Jésus, je vous embrasse de tout mon cœur et je vous bénis en Maman Marie.

Père Raymond-Marie.

Mes chers amis,

« Est-ce que nous pleurons » nous demandait dimanche dernier notre Pape François commentant l’Evangile de Lazare (Jean 11).

Aujourd’hui, comment faire avec ce virus qui bloque notre univers, nous limite, nous met partout à l’épreuve ?

Pour surmonter un obstacle, il y a un chemin à trouver.

Les soignants et les chercheurs s’y emploient avec courage. Nous les remercions beaucoup.

Creusons un souterrain pour rejoindre l’autre rive, celle de la vraie liberté, malgré le confinement. Creuser un souterrain avec le silence de la prière, la parole de l’Évangile, mise en pratique dans la charité et le partage.

Quand nous aurons mis le virus par terre, comment allons-nous nous relever ?

Nous serons éprouvés, diminués, fatigués, mais heureux d’avoir traversés cette épreuve. Et appelés à changer de mode de vie comme nous l’aurons expérimenté pendant ce temps, avec tant de gestes de solidarité inventifs pour aider, accompagner, sauver, soutenir.

Prions aussi pour nos persécuteurs, partageons avec ceux qui sont dans le manque.

À la sortie de ce tunnel, inutile de recommencer à trafiquer pour de l’argent, à vivre dans un rythme effréné qui pour essayer de fuir la mort par trop de biens matériels. La vraie richesse sera la prière, la solidarité et le partage.

Notre espérance est le ciel, les bras de papa, avec la force d’amour de l’esprit saint et de Marie.

Pour ceux qui ont perdu un proche, regardons la vie autrement.

La liturgie nous dit : « pour ceux qui croient en toi Seigneur, la vie n’est pas détruite. Elle est transformée. Car ce que je vis ici, je le vivrai dans l’éternité dans le face-à-face. Je te verrai comme tu me vois.

À la fin de sa vie sur la croix Jésus a dit à son Père. « Tout ce que tu m’as dit, je l’ai fait » et il lui a remis ce qu’il avait de plus cher, son esprit. Jésus se donne tout entier à papa qui est vivant pour nous sauver.

Nous pouvons vivre de deux manières l’une matérielle, l’autre spirituelle.

Nos biens aimés qui nous ont quitté sont maintenant au Ciel et nous aideront à vivre dans la foi.

Mourir, c’est entrer dans la Vie. La mort est un passage. Elle ne débouche pas sur le néant mais sur le Tout.

Invoquons notre Papa du Ciel, le Miséricordieux.

N’oublions pas combien est grande la souffrance de Dieu devant un monde qui refuse son Amour et sa tendresse infinie. Il n’envoie pas la souffrance aux hommes. Il est avec et au dedans de ceux qui sont affligés. Il pleure devant la mort de chaque homme comme Jésus devant Lazare son ami.

Comme ce virus a unis les hommes dans un désastre, il faut maintenant que la charité les unisse dans le partage grâce à la prière, la petitesse, l’humilité et la sagesse.

Chers amis du PAS,

Nous vivons la même épreuve.

En nous unissant à vous tous qui souffrez comme nous, et chaque jour, je célèbre la messe pour vous.
je vous Aime de tout mon cœur.
Que Maman Marie vous bénisse.

Bonne semaine sainte.
Père Raymond Marie.