Archives mensuelles : août 2018

Laissez-moi vous parler de la plus belle des traditions croates… A Siroki Brijeg, parmi les 13 000 fidèles on ne compte pas un seul divorce. De mémoire d’homme, pas une seule famille n’a éclaté. L’Herzégovine jouit-elle d’une faveur exceptionnelle de la part du ciel ?Existe-t-il un truc magique contre le démon de la division ?

La réponse est très simple ! Durand des siècles, sous la domination turque puis communiste, les croates ont cruellement souffert car on voulait leur arracher leur foi chrétienne. Ils savent par expérience que leur salut vient de la Croix du Christ. Il ne vient pas des projets de désarmement, de l’aide humanitaire ou des traités de paix, même si parfois ces réalités apportent quelques bienfaits. La source du salut, c’est la Croix du Christ ! Ces gens ont une sagesse. Ils ne se laissent pas tromper lorsqu’il s’agit de la vie ou de la mort.

Pourquoi ont-ils indissociablement liés le mariage à la Croix du Christ ? ILS ONT FONDE LEUR MARIAGE QUI DONNE LA VIE HUMAINE SUR LA CROIX QUI DONNE LA VIE DIVINE.

La tradition croate du mariage est si belle qu’elle commença faire école en Europe et en Amérique. Lorsque le jeune couple se prépare au mariage, on ne lui raconte pas qu’il l a trouvé la personne idéale, le meilleur parti. Non ! Que dit le prêtre ? « Tu as trouvé ta Croix. Et c’est une croix à aimer, une croix à porter, une croix qu’il ne faudra pas rejeter mais chérir ». Ces paroles prononcées en France laisseraient le fiancé muet de stupeur. Mais en Herzégovine, la Croix évoque l’amour et le crucifix est le trésor de la maison.

Lorsque les fiancés se rendent à l’Eglise, ils apportent un crucifix. Ce crucifix est béni par le prêtre et au cours de l’échange des consentement, il revêt une importance centrale. En effet la fiancée pose sa main droite sur la Croix. À son tour le fiancé pose sa main sur celle de sa fiancée, et les deux mains se trouvent ainsi réunies sur la Croix, fondée sur la Croix. Le prêtre pose son étole sur les mains des fiancés qui prononce alors leurs consentements et se promettent fidélité selon le rite de l’Eglise. Après cela, les mariés ne s’embrassent pas mais ils EMBRASSENT LA CROIX. Ils savent qu’ils embrassent la source de l’amour. Celui qui s’approche et voit leurs mains étendues sur la Croix comprend que si le mari abandonne sa femme et si aussi la femme abandonne son mari alors c’est la Croix qu’ils lâchent. Et lorsqu’on a lâché la Croix, il ne reste rien, on a tout perdu, car on a lâché Jésus, on a perdu JÉSUS.

Après la cérémonie, les mariés rapportent ce crucifix et lui donne une place d’honneur dans la maison. Il deviendra le centre de la prière familiale car ils ont la conviction que la famille est née de cette croix.

Si un problème survient, si un conflit éclate, c’est devant cette Croix que les époux viennent trouver secours. Il n’iront pas chez un avocat, il ne consulterons pas un diseur de bonne aventure ou un astrologue. Ils ne compteront  pas sur un psychologue pour régler leurs affaires. Non, ils iront devant Jésus, devant la Croix . Ils se mettront à genoux, et c’est devant Jésus qu’il verseront leurs larmes, qu’ils crieront leurs souffrances et surtout échangeront leur pardon. Ils ne s’endormiront pas le cœur lourd, car ils auront eu recours à leur Jésus, au Seul qui a la puissance de sauver.

Ils apprendront à leurs enfants à embrasser la Croix chaque jour et à ne pas se coucher comme des païens sans avoir remercié Jésus. Pour les enfants aussi loin qu’ils s’en souviennent Jésus est l’ami de la famille, que l’on respecte et que l’on embrasse. Ses enfants ne reçoivent pas de « nounours » à étreindre d durant la nuit pour se sentir en sécurité mais ils disent « bonne nuit » à Jésus et embrassent la Croix. Il s’endorment avec Jésus , et non avec une peluche. Ils savent que Jésus les garde dans ses bras et qu’ils n’ont rien à craindre. LEURS PEURS S’ÉTEIGNENT DANS LEUR BAISER A JÉSUS.

MARIAGE AVEC LA CROIX : ECHANGE DES CONSENTEMENTS

Voici ce que nous vous proposons comme formule de consentements

Le prêtre tient la croix.

Le fiancé pose une main sur la croix et dit:

« Jésus, je crois que Tu m’Aimes et que tu donnes ta vie jusqu’à mourir d’amour pour moi. »

 

La fiancée pose une main sur la croix et dit:

« Jésus, je crois que Tu m’Aimes et que tu donnes ta vie jusqu’à mourir d’amour pour moi »

 

Le fiancé pose sa deuxième main sur la croix et dit:

Moi …….., je veux t’aimer  fidèlement ……..  comme Jésus m’a aimé jusqu’à donner ma vie pour toi et  pour tous ceux que je rencontrerai. »

La fiancée pose sa deuxième main sur la croix et dit:

Moi …….. je veux t’aimer  fidèlement ………..comme Jésus m’a Aimé jusqu’à donner ma vie pour toi et  pour tous ceux que je rencontrerai. »

Ensuite, le prêtre enveloppe la Croix de son étole et prie.

Oraison

Ensuite l’on poursuite rituel normal avec les alliances….

LA CROIX MARIALE, EUCHARISTIQUE, TRINITAIRE

Cette Croix, sculptée dans la prière est à lire et à relire pour que nous la contemplions et que nous entrions en elle avec toute sa réalité humaine et divine car c’est notre histoire qui se vit là.

La Croix est tout le mystère de l’Amour du PÈRE pour nous ses enfants. Elle a été imposée au Christ par les Juifs mais en réalité , elle est voulue par le PÈRE pour sauver le monde.

Les bourreaux étendent JÉSUS sur la Croix qui est son lit nuptial. MARIE est toute à côté de lui comme dit l’Evangile : « Près de la Croix de JÉSUS, se tenait sa Mère… »
JÉSUS donne son Sang et son Eau pour que Maman puisse engendrer des enfants comme le fait une maman. Car la Croix est un enfantement. Ce Sang qui sort du Cœur de JÉSUS vient de l’Esprit Saint. Nous voyons au-dessus de JÉSUS la colombe. Les rayons d’Amour répandus par l’ESPRIT en haut de la Croix, sortent par ailleurs du Cœur de JÉSUS qui « éclate » d’amour par ses mains, par ses pieds, son côté, par sa tête couronnée d’épines. JÉSUS n’est qu’ Amour.

JÉSUS et MARIE se parlent en silence. Maman dit « oui » à ce nouvel enfantement, comme elle avait dit « oui » à l’enfantement du PÈRE. Maman aura trois maternités. Celle du PÈRE à l’annonciation, celle de JÉSUS ici à la Croix et celle de l’Esprit Saint par le Sang de Jésus à la Pentecôte.

Le bras de MARIE couvre le corps de JÉSUS et s’unit à son offrande. Maman est en état d’offrande de l’amour qu’elle reçoit de JÉSUS.

Le liseré dore qui entoure la Croix représente le PÈRE qui enveloppe entièrement le mystère de la rédemption en prenant MARIE pour l’associer au sacrifice de JÉSUS. Cette amour va rayonner sur tous les hommes par Marie et l’Eglise pour que nous ne fassions plus qu’Un avec Jésus. Car c’est nous tous que cet Amour va faire vivre et à tous qu’il va enlever définitivement les péchés. C’est bien là qu’est le drame et l’enjeu du démon qui voulait tuer Jésus définitivement pour régner en chef sur les hommes. Maintenant, il est sous les pieds de Marie. C’est en elle que se continue le règne de Jésus qui n’aura pas de fin. Cet amour viendra en nous dans toutes nos difficultés. C’est pourquoi il ne faut pas perdre courage dans nos batailles.

Jésus a été dépouillé de tout. Ce dépouillement de Jésus est celui de toute notre humanité. Quand on n’ est plus rien, avec JÉSUS, sur la croix, malade, handicapé, on est là avec JÉSUS et on est recouvert de l’amour du PÈRE Ils ne se séparent jamais. JÉSUS veut passer par la Croix pour arriver au « rien » de l’homme. Ce n’est que quand il est dans ce « rien » que le Père vient le couvrir de son Amour infini : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi, j’ai mis tout mon amour ».

C’est quand nous croyons que nous ne sommes plus rien du tout qu’il est avec nous et nous dit « N’ayez pas peur, Je suis avec vous ». C’est à ce moment-là que l’on peut recevoir enfin son Amour. Le moment le plus important de notre vie, c’est notre mort. Ce n’est pas par les pratiques et nos actions que nous serons sauvés mais par l’Amour de Dieu.

Jésus a voulu prendre un corps en Marie pour nous ressembler car l’homme n’est plus rien. Le démon l’a mis dans la mort. Il est devenu incapable de recevoir l’amour de Dieu. Quand Jésus est dépouillé de tout et n’a plus rien, il donne son dernier souffle, sa dernière goutte de Sang au PÈRE. Et le PÈRE accueille JÉSUS comme son Fils bien-aimé. Il crie comme l’enfant qui vient au monde : «Père , entre tes mains, je remets mon esprit ». C’est dans ce cri que l’homme est né de nouveau, comme le petit enfant bien-aimé du père. C’est de ce cri de vie que l’église est née aussi.

Ce mystère d’amour extraordinaire, cette alliance d’amour unique entre le PÈRE, JÉSUS et L’ESPRIT SAINT est donné par Marie. JÉSUS veut que nous puissions y entrer par l’eucharistie. L’eucharistie est aujourd’hui la présence de Jésus en Croix, l’offrande totale du monde en JÉSUS et MARIE pour le PÈRE. À nous maintenant de continuer avec Marie et l’ESPRIT SAINT cette mission que JÉSUS nous donne de nous remettre entièrement entre les mains du PÈRE.

C’est à l’Eglise de continuer cette mission unique de rassembler les hommes, de rester unis à JESUS en Croix et de rassembler tous les hommes, dans son Amour. En réalité, dans l’Eglise, c’est l’Esprit Saint qui pilote. MARIE est co- pilote. Elle ne sait pas conduire, mais elle sait où elle va.

Chez une grande handicapée, cette Croix a suinté plus de 14 fois pendant que nous célébrions la messe chez elle. Lui il coulait du Coeur de Jésus sur Marie et sur la Croix, en bas sur le bois. Nous avons eu la joie de le contempler souvent. À la 15e messe, Jésus nous a fait comprendre que notre force, c’est l’Esprit Saint dont l’huile est le signe.

Nos actions ne nous conduisent pas au ciel. Nous les offrons au PÈRE. C’est l’Amour du PÈRE qui nous emmène pour toujours avec LUI.

Pour lire la prière à la Croix Pèlerine : cliquez sur la photo 

Quelques images du Père Raymond à Paray le Monial (du 9 au 13 juillet).

Un jour, sur un nuage, j’ai vu l’amour et la souffrance danser dans le jour décroissant, et chanter en dansant un hymne en hommage au Dieu qui leur avait donné le la.

Je me suis approché, étonné de voir l’amour aimer la souffrance, et la souffrance aimer l’amour. Comment pouvaient-ils se tenir par la main et s’aimer ainsi ?

Je les connaissais déjà bien l’un et l’autre. Lui, si beau, et elle, si laide.

Je me suis approché, étonné, et je vis que la souffrance avait changé de visage. Elle n’était plus laide, mais une beauté radieuse resplendissait sur son front rayonnant, une harmonie sereine flottait tout autour d’elle.

Surpris, j’ai tourné les yeux vers l’amour, et je le vis si beau, lui aussi, d’une beauté sublime, d’une beauté si radieuse que j’en fus ébloui. Une lumière qui n’est pas de ce monde régnait.

Alors, attentif, je restais immobile et j’entendis la souffrance dire à l’amour :

« Ne me quitte pas, toi qui m’a appelée. Je sais que sans toi, je serais laide. Dis-moi que tu ne me quitteras jamais, j’ai peur de me retrouver seule ». Et l’amour répondit, de cette voix en qui résonne l’Éternité :

« Ne crains rien, petite souffrance, ne sais-tu pas qu’avec toi, moi aussi je suis bien plus beau, bien que les mortels qui me voient sans toi ne puissent s’imaginer que la splendeur de mon visage puisse s’accroître. Oui, ma souffrance, je t’aime parce que tu achèves ma beauté et que, seule, tu sais la conduire à sa perfection, si pleine de lumière et de joie ». 

Longtemps, je restais devant cette scène, puis je m’enhardis et demandai à la souffrance et à l’amour de me prendre avec eux. Ils me mirent dans leurs bras et me prirent comme un enfant.

Toujours, toujours, je serai pauvre, toujours je chanterai avec eux un chant de louange à Dieu qui nous a fait don de sa grande Vie de Seigneur, Dieu de grande source, Dieu de plénitude. Dieu qui nous a unis, tous les trois, nous a fait Un.

Venez tous, venez toutes avec nous, l’hymne sera si pur et si léger qu’il montera d’un coup d’aile au plus haut des cieux, pour s’unir au chant de tous les anges…

L’abbé Pierre.