Archives mensuelles : février 2017

  

Un jour avec Sr Esther, où  nous étions dans les bas fonds de Bogota. Une jeune fille nous a accosté et nous a demandé de l’argent. Nous lui avons demandé : « Est-ce pour toi ? »

Elle a répondu : « Ce n’est pas pour moi mais pour une copine qui emmène demain son enfant l’hôpital ».

Nous lui avons répondu : « Fouille nos poches et prends tout ce que tu veux ». Elle trouve un billet de 5 dollars. « Tiens, prends aussi ce mouchoir que tu peux laver et revendre 5 centimes ». Elle nous a remercié et elle est partie. Même pas 5 minutes, plus tard, un petit groupe de 7 ou 8 copines sont venues nous remercier. La maman qui avait le petit enfant malade n’était pas là.

Ces personnes qui sont dans la rue et qu’on montre du doigt sont capables de poser une vraie charité authentique.

 

Pères Raymond et Pierre Jaccard.

Nos amis voulant mieux connaître notre vie nous ont demandé de leur partager quelques faits de notre vie. Ce sont des petites histoires que nous avons vécues au jour le jour et qui nous ont apporté un vrai regard sur les lépreux, les personnes handicapées, les réfugiés dans les grands camps du monde et les personnes mal aimées de la rue.

A la léproserie de Yaoundé au Cameroun où nous vivons avec les malades de la lèpre, nous avions fait connaissance de Françoise une petite lépreuse de 9 ans qui venait régulièrement prendre ses médicaments. Orpheline, elle vivait chez son frère.

Un matin à 5h30 quand nous avons ouvert la porte de notre petite maison, Françoise était couchée sur le paillasson. Quand elle nous a vus, elle s’est mise à pleurer. Elle avait du sang coagulé sur la bouche. Alors, là, nous ne lui avons rien demandé. Nous lui avons dit : « Nos lits sont chauds. Choisis un des deux et dors ». C’est seulement à midi qu’elle nous a raconté ce qui s’était passé la veille. Son frère chez qui elle vivait, l’a chassée, l’a frappée par peur qu’elle contamine ses petits neveux. Elle a circulé dans Yaoundé durant la nuit. Ne sachant pas où aller, elle s’est réfugiée chez nous et s’est endormie sur le paillasson de la porte. Elle nous a dit que « ne sachant pas où aller, je suis venue où on peut encore m’aimer ». 

Elle s’est remise entre nos mains et elle est devenue un peu comme notre enfant. On l’a gardée quelques jours à la maison et nous avons trouvé pour elle un pensionnat. Nous avions la joie de la retrouver pour les vacances où elle vivait avec sr Liliane dans notre petite fraternité.

Bienheureuse petite Françoise qui nous a confirmé notre vocation de vivre avec les lépreux dans leur besoin réel d’être respectés et aimés.

Pères Raymond et Pierre Jaccard.